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Une salle de traite pour les Soesbergen

Lorsque vient le temps de planifier une nouvelle construction, les producteurs laitiers sont confrontés à une grande question. Quel système de traite choisir ? C’est LA décision à prendre avant d’aller de l’avant. Alors que la quasi-totalité des projets est orientée vers la stabulation libre, nous vous proposons une visite chez trois producteurs qui ont chacun choisi un système de traite : robots, salle de traite conventionnelle et carrousel de traite. Dans cet article, apprenez-en davantage sur le choix de la famille Soesbergen.

Portrait Ferme Soesbergen

  • Municipalité : Dundee, Montérégie.
  • Propriétaires : John, Christopher, William et Nickolas Soesbergen.
  • Relève : Christopher, Nickolas et Jenna Soesbergen.
  • Troupeau actuel : 105 vaches totales, 90 vaches en lactation, 200 têtes au total.
  • Avant la construction : 70 vaches totales.
  • Projet : construction d’une étable avec salle de traite double 10, entrée en fonction en décembre 2014.

Matin et soir, William, Christopher, Nickolas et John Soesbergen se relaient à la traite. PHOTO: MARIE-JOSÉE PARENT

Le besoin de réduction de main-d’œuvre à la traite n’avait pas une grande importance pour la famille Soesbergen. La famille compte deux frères, John et William, ainsi que deux cousins, Christopher, fils de William, et Nickolas, fils de John. Il est aussi prévu que Jenna, fille de John et agronome, rejoigne l’entreprise. Christopher et Nickolas ont chacun une formation collégiale en agriculture du Collège Macdonald. Le choix de la salle de traite a été logique pour eux. «On ne voulait investir qu’une seule fois, raconte John. Avec des robots, on doit ajouter un robot chaque fois qu’on grossit. » Et puis, pour eux, le contact physique avec la vache lors de la traite était essentiel. La salle de traite est de type double 10. Les vaches sont traites deux fois par jour. Selon la période de l’année et le temps de la journée, ils sont entre deux et quatre personnes pour l’heure de la traite.

L’étable de 32,3 m sur 67 m (106 pi sur 220 pi) est en bois laminé importé d’Allemagne. Ils ont été inspirés par deux autres étables construites de cette façon près de chez eux. D’autant plus que cela leur permettait d’économiser sur le coût de construction. Ce type d’étable arrive en modules à assembler. « C’est une grange Ikea, lance à la blague Christopher. Chaque poutre a son numéro. » Les panneaux isolés proviennent également d’Allemagne. La ventilation est de type naturel. Les vaches sont divisées en quatre groupes : taries, premier veau, fraîches vêlées et les autres. Les logettes sont profondes avec un mélange de paille, de chaux et d’eau. Autre élément intéressant, l’eau circule d’abord par le refroidisseur à lait avant d’alimenter les vaches. Ainsi, le lait est refroidi à moindre coût et les vaches boivent une eau tempérée. De plus, l’eau de lavage de l’équipement laitier sert à nettoyer la salle de traite et la salle d’attente.

La santé des vaches s’est améliorée depuis leur déménagement dans la nouvelle étable. PHOTO: MARIE-JOSÉE PARENT

Les Soesbergen ont découvert des avantages intéressants. Ainsi, ils ont aussi fait un gain en efficacité du travail lors de la traite, comparativement à la stabulation entravée. De plus, la santé des pieds et des membres est meilleure. En raison de la litière profonde de chaux et paille de soya, les pieds sont toujours secs. « La santé générale des vaches est meilleure parce qu’elles font plus d’exercice», dit Nickolas. Ces résultats se répercutent dans le réservoir à lait. L’hiver dernier, la ferme a terminé deuxième pour la qualité du lait au concours Lait’xcellent, en Montérégie-Ouest.

Après plus de deux ans en activité, les membres de la famille sont unanimes: ils ont fait le bon choix. L’an prochain, ils agrandiront leur étable pour loger 80 vaches supplémentaires. Et ce qu’ils trouvent merveilleux, c’est qu’ils n’auront pas à se soucier de l’équipement de traite. Aujourd’hui, ils ne regrettent ni les robots ni le rotatif et surtout pas la stabulation entravée. Ils ont plus d’interactions avec les vaches qu’avec des robots et, en général, la santé des vaches est meilleure que dans l’ancienne étable entravée. « Et on ne se fait pas appeler le soir par le robot», explique John.

DOSSIER SYSTÈMES DE TRAITE:

Un carrousel de traite chez les Beauchemin

Une salle de traite pour les Soesbergen

Des robots chez les Campeau

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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