Ligne de temps

Mettre le Québec dans son verre

L’industrie a beaucoup évolué depuis cinq ans. Le Québec compte maintenant une centaine de viticulteurs. Entre 400 et 500 différents vins, cidres et spiritueux y sont fabriqués chaque année. Parmi ceux-ci, 291 produits, dont 82 vins, sont disponibles à la Société des alcools du Québec (SAQ). « L’expertise s’est développée. On trouve aujourd’hui des agronomes et des oenologues pour conseiller les producteurs, car nous avons atteint une masse critique de vignerons », affirme Charles-Henri de Coussergues, président de l’Association des vignerons du Québec. Ce support professionnel a permis l’évolution de la qualité des vins et de la viticulture dans la province.

La concurrence est féroce sur le marché mondial des vins et certains groupes de producteurs de vin sont devenus très agressifs avec leur mise en marché. « La compétition ne vient pas tant du vigneron de l’autre côté de la route, explique Charles-Henri de Coussergues, mais du monde entier. »

La SAQ appuie les produits québécois, affirme Renaud Dugas, porte-parole pour la Société. Elle a intégré les vignerons du Québec dans son système d’appel d’offres. Quatre appels d’offres sont même réservés exclusivement aux produits locaux. La Société en fait la promotion deux fois par année et elle a augmenté leur visibilité dans la nouvelle planographie de 250 de ses 400 succursales avec le panonceau Vins du Québec. Le nombre de succursales ciblées a été fixé de concert avec les vignerons. Celui-ci correspond à la capacité de production de l’industrie pour éviter de se retrouver avec une étagère vide, précise le porte-parole. Cette visibilité accrue serait en partie responsable de l’augmentation des ventes de produits québécois qui sont passées de 2 M$ à 15 M$ entre 2002 et 2012.

Entrer à la SAQ

Mais n’entre pas à la SAQ qui veut. Pour gagner son bout de tablette, un vin doit obtenir une note d’au moins 70 % à la dégustation, répondre aux normes canadiennes en ce qui a trait à l’analyse chimique et l’étiquetage, puis avoir été commercialisé au domaine pendant au moins un an, question d’éliminer « les essais », explique Renaud Dugas.

Entrer à la SAQ n’est cependant pas une finalité, c’est un début, rappelle ce dernier. Une fois qu’un producteur a obtenu le droit à un espace tablette, c’est à lui de faire la démarche pour faire connaître son produit. La SAQ a mis en place un service d’accompagnement pour aider les vignerons avec la promotion de leurs produits et ils ont des ambassadeurs en magasin, mais ces actions sont-elles suffisantes pour briser les préjugés qu’ont les Québécois au sujet des vins locaux?

« C’est un marché sans pitié, lance Charles-Henri de Coussergue. Il y a un gros travail à faire pour faire changer la perception des Québécois. » Lorsque les gens sont déçus par un vin québécois, ils ont tendance à faire une croix sur le Québec. Pourtant, s’ils n’aiment pas la bouteille de vin italien qu’ils ont essayée, ils ont le réflexe de changer de région, de cépage, de vigneron ou d’appellation, mais ils ne feront pas une croix sur l’Italie. Il faudrait que le consommateur ait le même réflexe avec les vins d’ici, croit-il.

L’article complet de Suzanne Deutsch sur le sujet est publié dans l’édition de janvier 2013 du Bulletin des agriculteurs.

à propos de l'auteur

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