100 millions pour du maïs dans les Prairies

Monsanto veut changer le paysage agricole de l’Ouest canadien. D’ici 2025, ses hybrides de maïs pourraient couvrir plus de trois millions d’hectares.

Le géant de l’agro-industrie a dévoilé ses intentions lundi : 100 millions $ sur 10 ans pour créer des hybrides de maïs plus hâtifs, spécifiquement pour la topographie et les conditions climatiques des Prairies.

Ce vaste projet de sélection et d’amélioration génétique portera sur des variétés de maturités de 70 à 85 jours. Actuellement, les hybrides les plus hâtifs de la marque Dekalb de Monsanto sont de 76 jours.

Appelé Projet d’expansion du maïs au Canada, le programme profitera d’un investissement de 100 millions $ au cours des dix prochaines années pour créer des hybrides de maïs qui pourraient être cultivés sur une superficie potentielle de 10,5 millions d’hectares dans l’Ouest.

Compte tenu des rotations de cultures, cela pourrait représenter un marché annuel de 3,2 à 4 millions d’hectares en maïs d’ici 2025, une hausse significative par rapport aux 120 000 à 200 000 hectares présentement cultivés en maïs dans l’Ouest du pays, une superficie largement concentrée dans le sud du Manitoba.

Le projet repose sur un vaste programme d’essais au champ, sur la formation agronomique des producteurs et des autres intervenants de l’industrie agricole, sur des activités de soutien en marketing et en agronomie ainsi que sur la collaboration entre les membres de la filière.

La progression du maïs vers le nord a déjà changé le paysage dans le nord du Midwest américain, où le maïs est maintenant abondamment cultivé sur les plaines du Dakota du Sud et Dakota du Nord. Au nord de la frontière, le maïs a beaucoup progressé au Manitoba ces dernières années. On a même vu des champs s’établir en Saskatchewan récemment.

D’une part, Monsanto vante les profits plus élevés pour les producteurs, ainsi que les bénéfices agronomiques d’une culture supplémentaire dans la rotation. D’autre part, la croissance des superficies en maïs se fera nécessairement au détriment du blé et du canola, deux cultures emblématiques de l’Ouest canadien.

Sources : Monsanto, The Globe & Mail

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