Accélérer la transition au semis direct

Les premières années en semis direct en continu s’accompagnent souvent d’une baisse de rendement. Pourtant, en injectant une bonne dose d’activité biologique dans le sol, il est possible d’accélérer la transition et de profiter rapidement des avantages du semis direct.

Comment faire? En misant sur les SCV : les semis sous couverture végétale permanente.

Grand spécialiste des SCV au Québec, l’agronome Louis Pérusse croit avoir trouvé la recette. « Je suis en train de développer une approche qui permettra de compléter la transition au semis direct quasiment en un an », dit-il.

Semis direct bien géré et mal géré

Semis direct bien géré et mal géré – cliquer pour agrandir

En agriculture conventionnelle, tout est basé sur la chimie et la mécanique, observe Louis Pérusse. Il croit qu’il faudrait plutôt miser sur l’activité biologique.

« Je vois souvent des semis directs qui ne sont pas durables dans le temps. Les gars ne font pas leur nivellement comme il faut, ils n’ont pas de rotation diversifiée et de la compaction se crée. »

Son approche débute par un nivellement effectué dans de bonnes conditions, l’été plutôt qu’à l’automne. En juillet ou en août, le terrain est plus sec et les cultures de couverture semées après le nivellement auront amplement le temps de s’établir.

Le nivellement est suivi d’un semis d’un mélange d’engrais verts contenant des plantes ayant différents types de racines. Une partie des graines sera incorporée par le passage d’une sous-soleuse.

Les racines prennent le relais

La sous-soleuse est nécessaire, même si l’esprit des SCV veut qu’on réduise l’usage de la machinerie, explique Louis Pérusse. On utilisera idéalement un espacement de 20 pouces entre les dents, avec un outil de finition. L’effet de décompaction de la sous-soleuse ne sera durable que si les racines des engrais verts prennent le relais.

Mais_SCV AgrologieL’année suivante débute non seulement le travail en semis direct, mais aussi la véritable conversion aux SCV : on sèmera directement dans un couvert végétal vivant ou mort. Dans la culture principale, on tentera d’implanter une culture intercalaire capable de prendre le relais à l’automne et couvrir le sol jusqu’au printemps prochain.

« Le concept des SCV est souvent mal compris, déplore Louis Pérusse. C’est bien plus que du semis direct et des plantes de couverture! »

Les SCV consistent à toujours avoir de l’activité biologique dans le sol, pour en maintenir la bonne structure et la bonne santé. Par une occupation permanente du sol par les systèmes racinaires, il devient plus résistant à la compaction. Le sol devient aussi plus spongieux, de sorte qu’il se draine mieux, tout en stockant plus d’eau pour traverser les périodes de sécheresse.

Par les cultures de couverture, on cherche aussi à créer une biomasse qui augmentera la quantité de carbone dans le sol. Ce carbone contribue à une minéralisation de l’azote mieux répartie dans le temps. La présence de racines et de leurs exsudats stimule l’activité microbienne, ce qui aide à rendre certains éléments nutritifs plus disponibles et à neutraliser des maladies fongiques.

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