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ALENA: 80 000 emplois en jeu

Les défenseurs de la gestion de l’offre ont présenté une nouvelle étude confirmant leurs inquiétudes en cas de démantèlement du système en place au Canada. Alors que de nouvelles discussions sur l’ALENA doivent débuter le 21 janvier à Montréal, PwC indique que de 58 000 à 80 000 emplois pourraient disparaître si le système venait à prendre fin. Cela se traduirait également par une réduction du PIB de 4,6 à 6,3G$.

Les productions de lait, d’œufs et de volaille seraient les plus affectées avec une diminution de 80 % à 90 % de la part de marché des producteurs canadiens d’œufs alors que celle des producteurs de poulet fléchirait de 40 % à 70 %. Autre conséquence : la grande majorité de l’industrie canadienne de la dinde disparaîtrait probablement.

La première conséquence serait de faire en sorte que le coût des importations américaines au Canada deviendra probablement le prix de référence pour les marchés combinés des États-Unis et du Canada. L’étude ajoute que la réduction des prix serait modérée, avec en plus des impacts sociaux importants avec un effritement de la cohésion sociale en zones rurale à la suite de la diminution des fermes familiales.

L’étude a été menée à la demande de la Coop fédérée, Exceldor coopérative, les Fermes Burnbrae et Nutrigroupe, la Fédération des producteurs d’oeufs du Québec, les Éleveurs de volailles du Québec et les Producteurs d’œufs d’incubation du Québec. Plusieurs autres points sont soulevés dans l’étude :

  • En cas de démantèlement du système de gestion de l’offre, il est raisonnable de s’attendre à ce qu’en l’absence d’une longue période de transition et de restructuration majeure, une grande partie des marchés des œufs et du poulet au Canada sera desservie par des entreprises américaines;
  • Des menaces négatives importantes pour la biosécurité et l’environnement apparaîtront probablement à la suite du démantèlement du système;
  • Les tentatives des gouvernements pour atténuer ces impacts nécessiteraient un soutien massif du gouvernement et un long processus de transition;
  • Certaines régions qui contiennent un grand nombre de petits producteurs d’œufs et de poulets pourraient subir des effets négatifs disproportionnés et les provinces sans grandes entreprises de transformation perdront probablement la plus grande partie de leur production;
  • Les employés qui perdront leur emploi auront probablement de la difficulté à trouver un nouvel emploi, car le niveau de scolarité moyen de ces employés est nettement inférieur à la moyenne nationale;
  • Le Canada accroîtra sa dépendance à l’égard des importations alimentaires de base, ce qui augmentera les risques de chocs alimentaires;
  • Un régime de marché ouvert pourrait entraîner une baisse de la qualité des approvisionnements alimentaires et une diminution du choix des consommateurs.

Le système fonctionne. Au nom de quoi devrions-nous donc accepter de nous faire imposer une agriculture à l’américaine, c’est-à-dire une agriculture hautement concentrée et industrialisée, qui ne répond ni aux caractéristiques de notre pays, ni à nos valeurs ? » a indiqué le président de La Coop fédérée, M. Ghislain Gervais. « De par sa nature fondamentale, le modèle agricole canadien doit être protégé. Et pour ce faire, je pense qu’il est légitime de réclamer en son nom une mesure de protection. Au nom de ses membres, de ses partenaires, de ses clients, des consommateurs et de nos valeurs collectives, c’est ce que La Coop fédérée réclame aujourd’hui », de conclure Ghislain Gervais.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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