ALENA: Le secteur agricole américain passe à l’offensive

Le US Grain Council, le Texas Corn producers, le Americans for Farmers & Families, la National Wheat Association of Wheat Growers, le American Farm Bureau et le Corn Refiners ne sont que quelque-uns des groupes qui ont manifesté leur appui à l’ALENA cette semaine dans une vaste campagne visant à appuyer l’accord entre le Canada, le Mexique et les États-Unis. Avec le mot-clic #NEEDNAFTA, différents groupes ont vanté les bénéfices de l’accord entre les trois pays, tout en incitant leurs membres à partager le mot-clic sur les réseaux sociaux.

La pression s’accentue du côté américain pour sauver l’ALENA. Les groupes vont valoir les retombées économiques. Selon le le Americans for Farmers & Families, l’accord génère des revenus annuels de 127G$US à l’économie américaine, en plus de générer des revenus liés aux exportations de 43G$. Les échanges avec le Canada s’élèveraient à 20G$US, avance le International Dairy Food Association qui ajoute que le Canada est le 2e plus important importateur de produits laitiers américains, derrière le Mexique. Et depuis 1993, les échanges entre les trois pays seraient passés de 290G $US à 1100G $US en 2016.

Le temps semble en effet presser pour arriver à une entente entre le Canada et les États-Unis. La date du 30 septembre a été avancée pour inclure le Canada dans l’accord provisoire élaboré avec le Mexique pour renouveler l’ALENA mais les points en litige semblent encore loin d’être réglé. La question de la gestion de l’offre, les mécanismes de réglementations des différends commerciaux et la propriété intellectuelle des médicaments causent toujours problème.

Les agriculteurs américains doivent déjà composer avec les tarifs chinois imposés sur les exportations de soya américains. Malgré une aide promise de 12G $US, les guerres commerciales font mal. Le marché chinois représentait le tiers des ventes de soya à l’étranger et depuis le début du conflit avec la Chine, cette dernière s’est dirigée vers le Brésil pour s’approvisionner. L’incertitude a aussi fait plonger le prix du soya à son niveau le plus bas en dix ans à Chicago la semaine dernière. Le maïs fait aussi du surplace en réaction.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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