Après le boeuf, la volaille touchée par la désaffection des consommateurs

Paris (France), 21 octobre 2005 – La volaille, qui avait profité de la désaffection des consommateurs européens pour la viande bovine pendant les crises de la « vache folle », est à son tour victime de la méfiance du public, inquiet des conséquences de la grippe aviaire.

Baisse de 60 à 70% de la consommation depuis lundi en Grèce, de 20% en France entre samedi et mercredi, de 50% en Turquie, de 20% en Italie entre août et septembre, de 10 à 15% en Hongrie, de 10% en Serbie : presque tous les producteurs et industriels avicoles européeens sont touchés.

Alors que s’approchent les fêtes de fin d’année – où chapons, dindes, pintades, poulets labelisés figurent en nombre sur les tables – les producteurs et industriels avicoles craignent de voir nombre d’entre eux disparaître, alors qu’ils soulignent que le risque alimentaire est inexistant pour les humains, contrairement à l’ESB (encéphalite spongiforme bovine).

Le gouvernement français a d’ailleurs chargé mercredi le Centre d’Information des Viandes (CIV) de lancer une campagne d’information auprès des consommateurs français afin d’éviter toute confusion entre la grippe aviaire des animaux et le risque alimentaire, inexistant pour les humains consommant de la viande cuite, selon différentes sources de l’industrie avicole.

Au niveau mondial, seule la viande de volaille a enregistré une hausse de sa part de marché (+7,6 points) depuis 1990, principalement au détriment de la viande bovine (-6,2 pts), pénalisée aussi par son prix plus élevé, selon l’Office interprofessionnel des viandes, de l’élevage et de l’aviculture.

Dans l’Union Européenne (UE), la consommation de viande (bovine, ovine, porcine et volaille) a atteint 90 kilos/habitant en 2003, dont près de la moitié pour le porc, l’une des consommation les plus élevées au monde derrière les Etats-Unis et l’Australie.

De 1995 à 2003, la volaille a connu la plus forte croissance (+17%), avec un bond surtout en Suède et en Finlande, pays faiblement consommateurs, mais ausi en Allemagne et en Espagne, même si elle a chuté en Belgique. Mais depuis 1999, la consommation de volaille n’augmente plus. Toutefois, avec 22,9 kilos/habitant, elle reste supérieure aux années d’avant la deuxième crise (2000-2001) de la « vache folle ».

Pour la viande bovine, la consommation par habitant est globalement restée stable dans l’UE même si cette période englobe les deux crises de la « vache folle ». Elle a connu des croissances spectaculaires dans certains pays comme le Danemark, l’Espagne, la Suède et l’Irlande et même en Grande-Bretagne d’où était partie l’ESB. Par contre elle s’était effondrée en Allemagne.

En France, selon le CIV (Centre d’informations des viandes), la baisse avait été de 10% à 20% pendant quelques semaines en 1996 (au début de la première crise de la vache folle) puis de 40% pendant quelques semaines en 2000 et de 10% sur toute l’année 2001 (deuxième crise).

La viande bovine (boeuf et veau), avec 27,1 kilos/personne/an, est cependant repassée devant la volaille (24,4 kilos) en 2003, même si elle reste loin de la viande porcine (36,4 kilos), de quoi redonner de l’espoir à la filière avicole actuellement très déprimée.

Source : AFP

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