Bien-être lors du transport des poulets, Exceldor fait preuve d’initiative

Photo : Transport Gilles Lafortune

Photo : Transport Gilles Lafortune

Pionnier dans le bien-être des poulets dédiés à l’abattage au Québec, Exceldor voit l’impact réel de cet investissement. « Cet hiver, on remarque que les oiseaux sont plus aptes au transport », explique le vice-président à l’approvisionnement chez Exceldor, Joël Cormier. Malgré les grands froids connus au début janvier, le taux de mortalité des oiseaux a été très faible, environ 0,5 %.

Le tout a commencé il y a trois ans lors de l’arrivée de Joël Cormier aux commandes du volet approvisionnement. « Nous savions que le chapitre 12 s’en venait», raconte-t-il. Le chapitre 12 du Manuel des Méthodes de l’hygiène des viandes de l’Agence canadienne d’inspection des aliments traite de l’application des règlements et de l’autorité des inspecteurs en lien avec le bien-être animal. Il vient d’être revu en entier. Ses modifications seront en vigueur en mars 2016.

Il y a trois ans donc, Exceldor a créé un département bien-être animal et embauché une responsable, Silke Schantz. Aujourd’hui, le département compte quatre personnes. Les formations des transporteurs et des employés d’usine travaillant avec la volaille vivante ont commencé il y a deux ans. Elles sont notamment offertes en espagnol puisque de nombreux travailleurs de ce secteur sont hispanophones. Elles sont obligatoires pour tout transporteur qui veut faire affaire avec Exceldor.

Une formation adaptée a été offerte aux éleveurs par le formateur Stéphane Beaudoin, le même qui offre la formation du programme d’agrément CLT dont il était question dans l’article Pour un transport confortable paru dans le numéro de janvier dernier du Bulletin des agriculteurs. Quelque 235 éleveurs coopérants approvisionnant Exceldor ont participé à cette formation durant les deux derniers hivers. « Notre coop représente le tiers des éleveurs du Québec, ce qui représente 41 % des poulets du Québec », dit Joël Cormier.

En plus des formations, Exceldor a changé certaines pratiques. C’est le cas notamment des audits en bien-être animal trois jours avant le chargement. Chaque semaine, les élevages regroupant 500 000 oiseaux sont audités sur les 1,4 million d’oiseaux abattus chaque semaine. La technologie a aussi été mise au service du bien-être des oiseaux dans les remorques des camions. Des sondes de températures ont été placées : trois à l’intérieur de la remorque et une à l’extérieur.

Les transporteurs avaient jusqu’au 31 décembre 2014 pour se conformer à cette nouvelle exigence. Un code de couleur indique le niveau de confort : vert, c’est bien ; bleu, c’est trop froid ; rouge, il fait trop chaud. S’il fait trop chaud ou trop froid dans une section de la remorque, le chauffeur peut intervenir sans se servir uniquement de son intuition. Un panneau indicateur des codes de couleur est aussi installé à l’extérieur de la remorque. Ceci permet aux employés de l’abattoir d’intervenir en cas de nécessité lorsque la remorque est en attente du transfert des oiseaux vers l’abattage.

« Avec des sondes, c’est plus précis que la perception », explique Joël Cormier. Toutes ces transformations en matière de bien-être animal visent deux objectifs pour Exceldor : donner une bonne image au consommateur et améliorer sa profitabilité. Finalement, le bien-être animal, c’est payant.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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