Bruxelles envisage des quotas d’importation de céréales et de riz

France, 24 juin 2002 – Le régime européen d’importation de céréales et de riz ne convient plus à la nouvelle situation géo-économique. Les céréales de la Mer Noire entrent massivement depuis plusieurs mois dans l’Union européenne provoquant un effondrement des prix au point que le céréaliers se plaignent que leur revenu a fondu de 350 euros par hectare en 1997 à 140 euros en 2001. Et que l’Union européenne est devenue pour la première fois importatrice nette de céréales.

Le mal viendrait du mode de calcul des droits de douane, basé sur les cotations des matières premières à la Bourse de Chicago. Cette méthode, dit la Commission européenne, ne tient pas compte des prix plus bas pratiqués dans d’autres régions du monde. Résultat les céréales importées avec un droit de douane anormalement bas ont beaucoup augmenté. Une véritable brèche dans la préférence communautaire.

Pour remédier à cette situation, la Commission envisage de remplacer son régime actuel d’importation de riz et de céréales par un système fondé sur des contingents tarifaires (quotas) et des droits de douane fixes. Si les ministres de l’Agriculture ratifient cette proposition, Bruxelles entamera des négocaitions avec les membres concernés de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) afin de réformer le régime actuel, fondé sur des prix représentatifs et sur un prix d’intervention communautaire. «Nous n’avons pas l’intention de restreindre l’accès des céréales et du riz au marché européen, explique Franz Fischler, commissaire européen chargé de l’agriculture. Notre objectif sera d’améliorer le système afin de mieux remplir nos obligations à l’OMC et de protéger nos droits». La réaction des céréaliers, qui voit là un subterfuge de Bruxelles pour réduire le prix d’intervention, ne s’est pas faite attendre. Ils rejettent le projet en bloc et proposent plutôt d’instaurer une cotation Odessa, qui éviterait que des céréales n’entrent dans l’Union européenne à moins de 155% du prix d’intervention.

Source : Les Échos

Commentaires