CAAAQ : présentation du mémoire de l’AQINAC

Saint-Hyacinthe (Québec), 29 août 2007 – Dans le cadre des audiences nationales de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ), tenues cette semaine à Québec, M. Yvan Lacroix, président-directeur général de l’Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC), présentait au président de la Commission, M. Jean Pronovost, ainsi qu’aux deux commissaires, Mme Pascale Tremblay et M. Mario Dumais, le mémoire de l’AQINAC, déposé enjuin dernier.

Ainsi, les grands enjeux principaux suivants ont été particulièrement identifiés par l’AQINAC : la mise en marché collective, la gouvernance, le développement des ressources humaines, la santé et les préoccupations des consommateurs (sécurité alimentaire et compétitivité).

Mise en marché collective
« La pensée unique n’entraîne pas la créativité », de dire M. Lacroixdevant les représentants de la Commission. C’est en ces termes que celui-cirésumât la présentation du constat et des recommandations de l’AQINAC quantaux mécanismes de mise en marché qui existent actuellement.

Force est de constaté qu’un monopole de l’Union des producteurs agricoles(UPA) et de ses affiliés est favorisé par le gouvernement, ce qui résulte enune pensée unique laissant bien peu de place aux interventions externesnovatrices que pourraient apporter bien des partenaires des secteurs agricoleet agroalimentaire, dont l’AQINAC. Celle-ci souhaite d’ailleurs rappeler quela mise en marché d’un produit devrait s’articuler autour des besoins expriméspar les consommateurs, ce qui semble avoir été oublié en cours de route.

Aussi, on ne peut que conclure que les mécanismes de mise en marchéactuels reconnaissent bien peu l’importance du secteur de la transformationdes produits. A ce propos, l’AQINAC partage tout à fait le point de vue del’Alliance de la transformation alimentaire (ALTA) quant à ce manque dereconnaissance, tout autant qu’en ce qui a trait au manque de neutralité desprocédures d’appel sur les décisions de la Régie des marchés agricoles etalimentaires du Québec (RMAAQ). « Les membres de l’AQINAC souhaitent participerà la réorganisation de la mise en marché, et ce, en tant quemeuniers-producteurs (transformateurs), parce que nous sommes membre d’unefilière », de préciser M. Lacroix, ajoutant également : « De la création desagences de vente a découlé une coupure drastique dans les relations entre lesproducteurs et les transformateurs. »

Afin de créer un équilibre entre les forces en présence, l’AQINAC proposeune approche basée sur la concertation et sur les chaînes de valeur. Cettechaîne, qui s’articule autour du tout premier maillon, le consommateur et sesbesoins, se doit de débuter par les fournisseurs d’intrants, pour ensuitepasser par la production, la distribution et la transformationagroalimentaire. « Une chaîne de valeur doit être orientée vers leconsommateur, et non vers le producteur », mentionne le président-directeurgénéral de l’AQINAC.

Pour conclure sur cet enjeu, l’AQINAC a indiqué aux représentants de laCommission ses autres recommandations, soit : la cogestion des mécanismes demise en marché des produits agricoles, la modernisation de la Loi sur la miseen marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche (voire samodification afin d’accroître l’efficacité de la mise en marché des produits),et ce, par la création d’un groupe de travail représentatif des filières dès2008, l’ouverture de la loi afin qu’elle consente aux acteurs des industriesagricole et agroalimentaire la liberté de choisir leur mode de mise en marché,l’encouragement de l’entrepreneurship ainsi que le développement d’un principede gestionnaire de qualité.

Gouvernance
« Il ne faut pas détruire le système, mais l’assouplir et l’adapter. Brasser un peu le monopole de l’UPA ferait du bien à tous, y compris à l’UPA elle-même », tels sont les propos de Pierre Fortin, chroniqueur économique et enseignant de cette discipline à l’Université du Québec à Montréal, dans le magazine L’actualité du 15 juin 2007.

Le document de consultation de la CAAAQ précise que : « L’Etat a fait de l’UPA un véritable partenaire en lui confiant des responsabilités de gestion de La Financière agricole (FADQ) ainsi que dans les systèmes de mise en marché supervisés par la RMAAQ. » « Plusieurs soulignent que la composition du conseil d’administration de la FADQ respecte mal les nouvelles règles de gouvernance des sociétés d’Etat,… certains questionnent la présence, au sein du conseil, d’un nombre élevé de représentants de l’UPA, soit cinq (5) membres sur 11. »

C’est par ces citations que M. Lacroix a présenté le constat que faitl’AQINAC de l’état actuel de la gouvernance agricole. « Il faut libérerl’agriculture et l’agroalimentaire », a-t-il mentionné.

Pour ce faire, l’AQINAC propose tout d’abord de revoir l’équilibre de lareprésentativité des principales instances gouvernementales, soit toutes lesinstances de législation et d’appui financier (ex. : RMAAQ et FADQ). Ainsi,des présidents d’allégeance neutre devraient y être nommés alors que lesautres représentants devraient être désignés dans une proportion dereprésentativité équitable entre les producteurs et les transformateurs.Finalement, l’AQINAC propose de laisser le choix aux producteurs agricolesd’adhérer à de nouvelles affiliations ayant un statut de représentativitéreconnu par l’Etat, dans la loi.

Développement des ressources humaines
Depuis de nombreuses années, les membres de l’AQINAC investissent en R&D,et ce, sur une base régulière. Grâce à ces investissements, les fermes duQuébec ont une capacité de produire plus efficace et en qualité. Cesinvestissements permettent également le développement de produits à valeurajoutée, tels le lait et les oeufs oméga-3. En résumé, ce sont tous lesproducteurs agricoles du Québec qui bénéficient des retombées de la rechercheet du développement défrayés par le privé. En contrepartie, les budgetsalloués dans le cadre de l’Entente MAPAQ-UPA ne le sont qu’aux services dits« non liés », ce qui crée une injustice évidente.

L’Entente MAPAQ-UPA sur les services-conseils remet totalement enquestion le principe d’autonomie des entreprises agricoles. De plus, celle-cicrée une situation inéquitable envers les producteurs qui choisissent unservice-conseil de l’entreprise privée. En somme, si l’UPA était vraiment auservice de tous ses membres, cette entente pourrait faire en sorte que tousaient accès à l’aide financière de l’Etat, peu importe les conseillerschoisis.

Pour toutes ces raisons, l’AQINAC est d’avis que l’Etat devrait prônerdes principes d’équité, d’efficacité et d’optimisation de toutes lesressources disponibles, ainsi que le respect des champs de compétences. Ainsi,l’aide de l’Etat devrait être versée directement aux producteurs afin queceux-ci puissent choisir les services-conseils de leur choix. L’AQINAC aégalement confirmé aux représentants de la Commission qu’elle support unestructure des services-conseils pour le développement de productions enémergence.

Santé et préoccupations des consommateurs
Il va sans dire qu’il s’agit d’un aspect des plus importants dudéveloppement de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois. Lesconsommateurs sont de plus en plus préoccupés, à raison d’ailleurs, par leursanté et celle-ci passe inévitablement par la consommation de produits desplus salubres.

A ce propos, l’AQINAC exige, de la part de l’Etat, qu’un mécanisme deréciprocité soit mis en place. Elle entend par là que les règles en termesd’étiquetage, de salubrité et de santé qui sont imposées aux produitsquébécois soient équivalentes à celles exigées des produits importés etconsommés au Québec. Il ne s’agit pas de baisser le niveau des exigences, maisbien de l’appliquer à l’ensemble des produits importés et consommés chez nous.De plus, en terme de compétitivité, il appert évident qu’une harmonisation desrèglementations est requise.

En conclusion, l’AQINAC est d’avis qu’en regard de tous les pointssoulevés précédemment, des changements majeurs s’imposent d’eux-mêmes.

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation duQuébec (MAPAQ) doit, entre autres, revoir en profondeur la mise en marchécollective, et ce, sur la base des chaînes de valeur. Il doit aussi encouragerd’avantage l’entrepreneurship, obtenir l’équité pour tous les acteurs dans ledossier des services-conseils et exiger la réciprocité et l’harmonisation desréglementations dans les domaines de la production et de la transformationagroalimentaire.

« Finalement, le MAPAQ devra désormais soutenir et assister latransformation agroalimentaire à la hauteur de son importance économique, enplus d’assumer ses responsabilités et d’avoir le courage politique etadministratif de vouloir changer l’état actuel des choses. Sans quoi, l’AQINACdevra manifestement envisager de se tourner vers le ministère du DéveloppementEconomique, de l’Innovation et de l’Exportation afin d’y trouver soutien etassistance techniques et financiers, et pour lui permettre d’assurer sonavenir et le plein développement de son économie », de conclure M. Lacroix.

Les membres de l’AQINAC souhaitent ardemment que la présente Commissionrésulte en des propositions concrètes, apportant solutions aux maintesrecommandations émises par l’ensemble des intervenants du secteur. Afin queces propositions puissent se réaliser, l’AQINAC est d’avis qu’une structure desuivi doit être mise en place. Aussi, elle s’attend à faire partie duprocessus de réflexions et de décisions quant aux enjeux qui la touchent.

L’AQINAC, fondée en 1962, regroupe près de 200 membres, tous des joueursclés de l’industrie agroalimentaire québécoise, principalement fabricantsd’alimentation animale et/ou négociants en céréales. Elle oeuvre, entreautres, à répondre aux exigences des consommateurs et de la société en matièrede sécurité alimentaire, d’environnement, de qualité, de conditions d’élevageet de retombées économiques, en plus de contribuer, par son dynamisme, audéveloppement de sa clientèle-producteur et de leurs productions, tout enfaisant la promotion de l’industrie agroalimentaire moderne.

De plus, l’AQINAC est membre de l’Alliance de la transformationalimentaire (ALTA), ayant pour objectif d’assurer la croissance d’uneindustrie de la transformation agroalimentaire québécoise compétitive etrentable, et appuie ses recommandations faites à la présente Commission.Rappelons que l’industrie de la transformation agroalimentaire est le plusimportant secteur manufacturier au Québec.

Le mémoire complet de l’Association québécoise des industries denutrition animale et céréalière peut être consulté sur le site Internet de laCommission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC)
http://www.aqinac.com

Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ)
http://www.caaaq.gouv.qc.ca/

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