Choisir un soya plus hâtif?

Le 1er juin est passé et pour le soya qu’il vous reste à semer, vous songez changer pour des variétés plus hâtives? Ce n’est peut-être pas une bonne idée. Voici ce qu’en pense Horst Bohner, l’expert en soya du Ministère de l’Agriculture de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO).

Changer ses semences de soya pour des variétés plus hâtives que celles adaptées à votre zone d’UTM n’est pas recommandé, à moins que les semis dépassent le 15 juin, dit Horst Bohner.

Choisir du soya de maturité plus hâtive n’est pas nécessaire et peut réduire les rendements de façon significative. Cela peut donner des plants rabougris, qui produiront moins de gousses, celles-ci se retrouvant plus près du sol.

Si l’ensemencement est reporté au-delà du 15 juin, on peut alors choisir une variété de 100 à 200 UTM plus hâtive que celles prescrites pour notre région. Ce soya sera prêt plus tôt à l’automne, mais son rendement sera inférieur. De façon générale, il n’est tout simplement pas recommandé de semer du soya après le 1er juillet.

Taux de semis

Horst Bohner recommande aux producteurs de l’Ontario (l’Est ontarien ayant un climat semblable à la Montérégie) d’augmenter de 10 % le taux de semis si l’on sème après la première semaine de juin. Pour des recommandations propres à votre région et aux variétés que vous utilisez, veuillez vous adresser à un agronome local.

Augmenter le taux de semis permettra d’atteindre un large couvert végétal rapidement, pour capter plus d’ensoleillement, afin d’obtenir le plus de gousses à l’hectare. Utiliser des rangs plus larges en semant tard réduira le potentiel de rendement.

Date de récolte
Semer trois semaines en retard ne reportera le moment de la récolte que d’une semaine, explique Horst Bohner, dans un document du MAARO (en anglais).

Le soya est une plante photosensible, ce qui signifie qu’elle commence à fleurir en réponse à la longueur des jours et à la température. Que l’on sème le 5 mai ou le 26 mai, la floraison aura lieu autour du 21 juin. La principale différence sera que le soya semé plus tôt comptera plus de gousses.

L’effet de photopériode atténue environ de deux tiers le report du moment de la récolte lorsqu’on sème très tard.

Il faut cependant noter qu’au Canada et dans le nord des États-Unis, les variétés de soya sélectionnées sont moins photosensibles qu’autrefois, de sorte que la longueur de la saison et les conditions de croissance ont un impact significatif sur la date à laquelle la maturité est atteinte à l’automne.

Consultez la fiche d’information du MAARO (en anglais)

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