« Appelez-nous, on est prêt à discuter! »

La loi encadrant l’exercice de la profession d’agronome n'a pas été modifiée depuis la création de l'OAQ en 1972

Publié: 14 novembre 2025

Michel Montpetit lors de son discours tenu au congrès annuel de l'Ordre des agronomes du Québec.

En cours d’entrevue, le président de l’Ordre des agronomes du Québec (OAQ), Michel Montpetit, raconte cette anecdote. « Je parlais avec René Mongeau ce matin qui a été élu président de l’OAQ en 2009. Il me racontait que le dossier prioritaire sur son bureau était la modernisation de la Loi sur les agronomes ».

L’histoire illustre à quel point ce sujet traîne depuis trop longtemps au détriment à la fois du public et de l’Ordre, fait valoir le président élu l’an dernier à la tête de l’organisation. La loi encadrant l’exercice de la profession d’agronome a été écrite en 1972 sans modification depuis.

Michel Montpetit indique que la définition des actes agronomiques dans la loi est trop floue, ce qui a mené les juristes à définir ce qu’il fallait ou ne fallait pas faire dans les dernières années. Les producteurs sont aussi mal protégés, selon lui, puisque le type de rémunération de l’agronome pourrait déterminer si c’est un acte agronomique ou non.

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Selon le président, la vétusté de la loi pèse également sur les finances de l’OAQ. « Les avis du syndic sont de plus en plus contestés, ce qui nous amène à dépenser des sommes considérables à ce niveau. »

Il semble toutefois que le MAPAQ ne ressente pas le même empressement. Michel Montpetit a confirmé n’avoir eu aucun avancement de la part du ministère dans les dernières semaines. Il n’a pas non plus été contacté depuis la nomination de Donald Martel le 15 septembre dernier, en remplacement d’André Lamontagne qui a agi huit ans comme ministre de l’Agriculture. C’est ce dernier qui aurait demandé que la modernisation de la loi sur les agronomes soit confiée au ministère, avec l’aval de l’Office des professions du Québec et du ministère du Travail. C’est pourquoi Michel Montpetit dit avoir interpellé les deux ministères lors de son discours en clôture du congrès de l’OAQ le 11 novembre à Saint-Hyacinthe.

L’Ordre des agronomes est bien conscient que le contexte joue contre lui. Avec des élections provinciales devant se tenir dans moins d’un an, le gouvernement de la CAQ a possiblement beaucoup de chats à fouetter. Le milieu a pourtant établi un consensus sur la nécessité de moderniser la loi. À la suite d’une demande du MAPAQ, un rapport de consultation a été déposé en septembre dernier présentant les changements à prioriser dans la loi.

Michel Montpetit indique que le temps est venu de « monter un peu le ton ». Il a aussi appelé les agronomes à se faire entendre dans leur milieu sur la question. La modernisation de la loi fait largement consensus dit-il, en confirmant que son discours a été chaudement accueilli lors du congrès.

C’est pourquoi il lance un appel aux ministres Boulet et Martel. « Appelez-moi, on est prêt à discuter dès maintenant et à prendre le temps qu’il faut. »

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Céline Normandin

Céline Normandin

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.