Cinq conseils pour la conservation des grains

Voici une série de conseils, qui s’appliquent à la conservation de tous les types de grains, à la différence que le maïs doive, dans la plupart des cas, passer au séchoir avant l’entreposage.

PHOTO : André Dumont

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1 – Du grain propre
Du grain qui contient des impuretés, de la poussière ou des grains cassés, ça se conserve mal. Cette matière fine s’installe entre les grains entiers et empêche l’air d’y passer. « Les résidus pourraient obstruer l’espace interstitielle entre les grains, ce qui provoquerait une restriction. L’air passe toujours par où c’est le plus facile, alors des zones vont demeurer humides et leur température augmentera de 3 à 5 degrés C de plus que le reste de la masse de grain  », explique Nicolas St-Pierre, agronome et enseignant au Collège d’Alma. Qui dit humidité dit chaleur, puis moisissure et perte de qualité du grain.

La propreté débute au battage. On doit ajuster la ventilation de la moissonneuse-batteuse pour éliminer les brindilles et autres impuretés. « Les producteurs pensent qu’en augmentant la ventilation, ils vont perdre de bons grains. En fait, ce sont les petits grains qu’ils laissent au champ, ceux qui sont malades et qui peuvent nuire à l’entreposage », affirme Jacques Dion, conseiller chez Semican.

Les ajustements de la batteuse sont particulièrement importants lors de la récolte d’un grain fragile comme le soya, souligne Pierre Mollet, directeur des ventes à l’Agrocentre Belcan. « Si on a déjà des grains brisés au battage, on en aura encore plus lors de la manutention par la suite. Ces grains brisés nuisent à la bonne ventilation en entreposage. »

2 – Convexe ou concave?

Au moment de terminer le remplissage d’un silo, on doit s’assurer que la surface de la masse de grain soit bien plate. « Si le grain forme un cône et que pour maximiser l’espace d’entreposage, on remplit le silo jusqu’au capuchon, on double le temps de séchage », prévient Nicolas St-Pierre.

Pendant le remplissage, les impuretés auront tendance à s’accumuler vers le centre de la colonne de grain. Cela crée une restriction, de sorte que l’air poussé par le ventilateur aura tendance à monter par les côtés, laissant le cœur plus humide.

« Je conseille parfois aux producteurs d’enlever l’équivalent d’un wagon du silo, de sorte qu’il se forme un V au sommet de la colonne de grain », confie Pierre Mollet. Cette pratique s’apparente au « coring » pratiqué aux États-Unis et dans l’Ouest canadien. Le silo se vidant par son centre, le fait d’en extraire quelques tonnes permet de nettoyer la zone où s’accumulent les impuretés et de favoriser un meilleur passage de l’air.

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