Congrès de l’UPA – Souveraineté alimentaire : vers un nouveau contrat social

Québec (Québec), 5 décembre 2007 – Les délégués de l’UPA ont voté unanimement pour faire de la souveraineté alimentaire le fer de lance d’un nouveau projet de contrat social qu’ils entendent promouvoir auprès de leurs concitoyens et des gouvernements dans la foulée des travaux de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ), dont le rapport est attendu au début de la prochaine année.

« Les agriculteurs et les agricultrices sont en mode solution, a déclaréle président de l’UPA, Laurent Pellerin. La mondialisation des marchés aentraîné la mondialisation des problèmes. Les négociations de l’Organisationmondiale du commerce (OMC) piétinent. Le moment est venu de trouvercollectivement des solutions justes et viables ».

« Si les règles de l’OMC devaient réduire les distorsions au commerce,dans les faits, a-t-il renchéri, tous les pays du monde cherchent actuellementà protéger leurs marchés agricoles et alimentaires, ce qui explique en bonnepartie l’impasse des négociations et fait ressortir la nécessité de proposerune alternative concrète aux règles en vigueur. Si la plupart des pays lefont, alors pourquoi pas nous? »

Selon lui, il y a place, dans le concert des nations, pour une exceptionagricole comme la souveraineté alimentaire, à l’instar de ce qui s’est faitdans le domaine de la culture, à l’UNESCO, avec l’adoption de la Conventionsur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles

Un nombre grandissant de citoyens, d’organisations de la société civileet de leaders économiques, environnementaux et sociaux à travers le monde, ycompris au Québec, adhèrent déjà au concept de souveraineté alimentaire.Rappelons la déclaration adoptée en ce sens par 45 organisations québécoisesde divers horizons le 7 septembre dernier, à Montréal, à l’occasion du premierRendez-vous québécois pour la souveraineté alimentaire, organisé conjointementpar la coalition G05, la Coop Fédérée et Equiterre.

L’idée a, par ailleurs, été fréquemment évoquée comme élément deconvergence durant les audiences de la CAAAQ. « Nos concitoyens, de rappelerLaurent Pellerin, veulent avoir accès à des produits du Québec, locaux etrégionaux, diversifiés, de qualité et à prix abordable. Ils souhaitent aussiune agriculture qui les nourrit, qui cultive notre différence et qui contribueau développement des régions ».

De fait, selon un récent sondage réalisé pour le compte de l’UPA, lesQuébécois attachent beaucoup d’importance à l’origine des denrées qu’ilsconsomment puisque 97 % d’entre eux sont favorables à l’identificationobligatoire de la provenance des produits alimentaires. Ils sont égalementhuit sur dix à croire que la production d’aliments locaux encourage les gens,l’emploi et l’économie d’ici.

« Les agriculteurs et les agricultrices tendent la main à l’ensemble deleurs concitoyens, a-t-il conclu. La souveraineté alimentaire, c’est uneapproche de gros bon sens qui confirme leur engagement à nourrir le Québec, àmaintenir et à développer de façon durable une agriculture qui nous rassemble,tout en valorisant leurs outils collectifs qui s’appuient sur des valeursd’équité, de justice sociale et d’entraide, chères aux Québécois ».

Soulignons que le concept de souveraineté alimentaire endossé par lesdélégués de l’UPA s’entend du droit des peuples à définir leur proprepolitique alimentaire et agricole; à protéger et à réglementer leursproductions et leurs échanges agricoles nationaux de manière à atteindre desobjectifs de développement durable; à déterminer leur degré d’autonomiealimentaire et à éliminer le dumping sur leurs marchés.

La souveraineté alimentaire ne va cependant pas à l’encontre du commerceinternational dans la mesure où ce dernier est subordonné au droit des peuplesà une production agricole et alimentaire locale, saine et écologique, réaliséedans des conditions équitables qui respectent le droit de tous lespartenaires, y compris les agriculteurs et les agricultrices, à des conditionsde travail et de rémunération décentes.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ)
http://www.caaaq.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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