Des engrais verts pour réduire la compaction

Deux chercheuses du CETAB, Anne Weill, agr., Ph.D et Valérie Roy-Fortin, agr, se sont attaquées à l’épineux problème de la compaction des sols. Celui-ci, on le sait, cause une baisse de rendement et contribue à la pollution des cours d’eau en augmentant le ruissellement.

Selon les deux chercheuses, deux solutions s’offrent aux agriculteurs pour ameublir un sol compact. La première est le sous-solage, une opération coûteuse « souvent difficile à réaliser », écrivent-elles dans leur rapport de recherche. La seconde est d’utiliser des engrais verts à racines puissantes, profondes, pour restructurer les sols.

Les deux chercheuses ont mené leur projet sur trois sites, deux entreprises en Montérégie et une au Lac St-Jean en 2012 et 2014. Elles visaient plusieurs objectifs : 1) évaluer la profondeur de l’enracinement de certaines plantes et la diminution de la compaction en mesurant le système racinaire 2) mesurer la biomasse aérienne et la teneur en azote 3) comparer l’effet des engrais verts au sous-solage.

En Montérégie, le sorgho et le millet ont permis d’obtenir des biomasses élevées de l’ordre de 6 à 18 t de matière sèche/ha alors que les biomasses du seigle et du radis étaient autour de 4t/ha. Au Lac St-Jean, les biomasses obtenues ont été faibles, variant entre 1,5 et 3 t/ha.

L’utilisation de mélanges d’engrais verts à racines puissantes n’a pas permis d’ameublir les zones de sol compactes situées sous la couche travaillée. « Ce qui a été surprenant est que le taux de colonisation de la zone 15-40 cm n’a pas été meilleur pour les sites moins compactés », constatent les deux professionnelles. Les racines ont toutefois permis d’approfondir d’environ 5 cm supplémentaires la couche superficielle meuble pour la plupart des sites.

Toutefois, d’autres études du CETAB indiquent que la combinaison du sous-solage et d’engrais verts déjà établis permettrait d’atteindre un niveau de décompaction optimal à court terme. Les engrais verts sont connus pour augmenter la vie microbienne et par conséquent ils contribuent à améliorer le sol et à stabiliser la structure. Les deux agronomes concluent que plus de recherches sont nécessaires pour mettre au point des techniques de régie permettant d’obtenir le plein potentiel des couverts végétaux afin de solutionner le problème de compaction.

Source : Agriréseau

 

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