Dix vérités sur les travailleurs étrangers

Que peuvent faire les employeurs pour que leurs travailleurs étrangers se sentent mieux, que leurs besoins soient mieux comblés et qu’en retour, leur travail soit plus efficace?

Le Bulletin des agriculteurs s’est rendu sur le terrain, avec la spécialiste des ressources humaines Martine Deschamps, de SynerAction Management, l’auteure du Guide pour les travailleurs agricoles hispaniques de la Montérégie-Ouest.

Nous avons rencontré Paul Cossette, copropriétaire de la pépinière Aux Aubépines, à Saint-Polycarpe, en compagnie du travailleur agricole Carlos Mendoza López, qui cumule une douzaine de saisons à l’embauche de fermes au Québec.

Dix dures réalités, assorties de conseils pour les employeurs:

1. À l’arrivée, le travailleur est en choc
« J’arrivais dans un autre monde, raconte Carlos Mendoza López. Je ne connaissais rien de l’agriculture et je ne savais pas ce qu’était du bon travail aux yeux des patrons. J’ai appris en regardant les autres faire. »

Dès leurs premiers jours à la ferme, les travailleurs ont besoin de rétroaction, soutient Martine Deschamps. « Certains passent toute la saison sans savoir s’ils font du bon travail. Ils vivent dans la peur de ne pas savoir s’ils seront rappelés la saison suivante. » Certaines fermes ont mis en place des programmes d’évaluation, d’autres prennent soin de donner du feed-back à chacun des employés, sur une base individuelle.

2. L’entraide n’existe pas

« C’est la réalité : les travailleurs ne s’aident pas l’un l’autre », affirme Carlos Mendoza López. Et quand on rend service à un compañero, on ne se fait pas dire merci, ajoute-t-il. « Il n’y a pas beaucoup de communication entre les travailleurs. Nous venons de différentes régions du Mexique (ou du Guatémala), certains n’aiment pas parler et même quand ils ont un besoin, ils ne l’expriment pas. »

Après avoir rencontré plus de 30 travailleurs, Martine Deschamps a bien compris qu’il ne faut pas tenir pour acquis qu’un nouveau travailleur sera formé par les anciens. Même chose dans la casa (la résidence des travailleurs) : montrez-lui comment utiliser les électroménagers et les produits nettoyants, sinon, personne ne le fera.

3. La peur du patron
Dans son pays d’origine, le patron a tous les droits et le travailleur peut être renvoyé illico. C’est donc normal que le travailleur étranger craigne son patron ici aussi, même si celui-ci se montre plus humain.

« Les patrons devraient communiquer plus et s’impliquer auprès des travailleurs, suggère Carlos Mendoza López. Sur beaucoup de fermes, nous ne connaissons pas le patron et il ne nous connaît pas. Nous ne savons pas comment il peut réagir. »

Un mot d’encouragement, un conseil ou des nouvelles tâches confiées à un travailleur intéressé à apprendre fera beaucoup de chemin. « Donnez-nous un peu et nous vous donnerons tout », dit Carlos Mendoza López.

Les trois prochain conseils

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