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Drones en agriculture : bilan 2015

*Faciles à opérer, les drones? Même si c’est le cas, il n’en reste pas moins que leur utilisation est étroitement règlementée par Transport Canada.

Lors de sa présentation, Robert Goyette, de l’école de pilotage I/Drone, a souligné que les usages professionnels et récréatifs sont règlementés de façons très différentes. D’importance pour son auditoire : l’usage qu’un agriculteur fait de son petit drone n’est pas du jeu; il s’agit bien d’un usage de drone professionnel. Donc, l’agriculteur doit se préparer avant d’entamer des opérations de drone : faire une formation de pilote, se munir d’une assurance responsabilité civile, définir un plan d’urgence, et rencontrer toutes les autres exigences émises par Transport Canada — dépendamment du lieu de travail et du type d’appareil utilisé. Dans certains cas, l’agriculteur devra même obtenir un certificat d’opération aérienne spécialisée — un COAS.

L’événement Les journées horticoles & grandes cultures de St-Rémi, organisé par le MAPAQ, présentait une belle occasion de faire un bilan sur les drones avec Robert Goyette, de l’école de pilotage I/Drone.

L’événement Les journées horticoles & grandes cultures de St-Rémi, organisé par le MAPAQ, présentait une belle occasion de faire un bilan sur les drones avec Robert Goyette, de l’école de pilotage I/Drone.

Puisque l’univers des drones professionnels est en pleine évolution, la règlementation doit continuellement s’adapter. Il y a donc souvent des amendements – les intéressés gagnent à bien se tenir au courant. Pour illustrer le point, M. Goyette a signalé que le lendemain même de sa présentation aux Journées, il allait se rendre auprès des autorités de Transport Canada pour prendre connaissance des détails d’une nouveauté importante : dorénavant, au lieu de porter sur une seule opération, le COAS sera bon pour un an.

Dès que l’on peut piloter légalement, que fait-on avec un drone en agriculture? M. Goyette a mentionné l’épandage par drone – comme les Japonais le font depuis deux décennies. Mais les producteurs québécois n’en sont pas encore là. Benoît Fradin, agronome chez William Houde, a bien illustré durant sa présentation l’usage courant de petits drones au Québec : la télédétection ou, dit simplement, la photo aérienne.

En élevant son point de vue à 200 pieds d’altitude, M. Fradin peut capter avec son drone des scènes difficiles à imaginer à partir du sol. De là-haut, il découvre des signes de problèmes : trous dans les champs, traces de compaction, manques ou surplus d’eau, effets d’infestations de ravageurs et de mauvaises herbes, stress dans les plants, etc. Plusieurs de ces signes n’auront pas de cause évidente; il faudra donc enquêter avec une paire de bottes. « Mon drone est un outil d’aide à la prise de décision » affirme M. Fradin; l’information que son drone lui fournit requiert un travail d’interprétation.

L’usage des drones en agriculture vaut-il le cout? M. Cédric Bouffard, agronome chez PleineTerre, commence à y répondre en introduisant un autre niveau d’utilisation du drone : les services professionnels pour des usages avancés. On a vu que l’usage que le producteur fait de son propre drone est considéré comme « professionnel » simplement dû au lien avec le travail. Les services dédiés, quant à eux, sont professionnels dans la mesure où des frais sont chargés aux producteurs pour capter des données plus précises qui sont traitées avec des logiciels puissants. Ils produisent, entre autres, des plans géoréférencés à partir d’images infrarouges — ce qui permet de cibler le stress des végétaux avant que des problèmes ne soient visibles à l’œil nu. Pour la télédétection, M. Bouffard compare l’offre de ces compagnies spécialisées aux sources traditionnelles de données d’observation aérienne de la terre : les satellites et les avions.

Au final, la différence entre les services professionnels par drones et les autres sources de données peut se résumer ainsi : les drones peuvent à l’occasion couter un peu plus cher, mais les données acquises ont certains atouts, dont une plus haute définition. Ces atouts mènent à des applications exclusives, souvent ciblées à certains types de cultures – comme la production maraichère. Parmi ces applications, on trouve le décompte de populations, l’analyse de la distribution, et l’analyse de la grosseur des plants individuels. Chez les producteurs qui visent à quantifier précisément leur production pour améliorer leur rendement, les données acquises par drones pourraient leur conférer un avantage.

Les journées horticoles & grandes cultures se poursuivent jusqu’au 4 décembre 2015.

*Collaboration spéciale de Frédéric Jean, Canopée Imagerie Aérienne S.E.N.C.

à propos de l'auteur

La référence en nouvelles technologies agricoles au Québec.

Fondé en 1918, Le Bulletin des agriculteurs traite des tendances, des innovations et des dernières avancées en matière de cultures, d’élevages et de machinisme agricole dans le but de faire prospérer les entreprises agricoles d’ici.  

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