Du blé, c’est du blé? Mais alors…

Saint-Hyacinthe (Québec), 17 juillet 2007 – Les représentants de l’Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC) et de l’Association des négociants en céréales du Québec (ANCQ inc.), deux associations accréditées, ont été surpris de lire, en page 5 de la Terre de chez nous du 5 juillet dernier, les propos de M. Ghislain Beauchemin, président du comité de blé de consommation à la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec (FPCCQ), qui affirmait que « Du blé, c’est du blé ».

Il appert important de porter ici des nuances et de se poser quelques questions.

Si du blé, c’est du blé, alors :

  • Pourquoi le mécanisme de vente centralisé n’a-t-il été voté que par les producteurs de blé destiné à la consommation humaine?
  • Pourquoi l’ASRA et le PCSRA font-ils une distinction entre le blé destiné à la consommation humaine et celui destiné au bétail?
  • Pourquoi les gouvernements fédéral et provincial font-ils une distinction, lorsque vient le temps de donner des subventions en recherche et développement, entre le blé de consommation humaine et celui de consommation animale?

On pourrait continuer, encore et encore, à se poser bien des questions, commepar exemple :

  • Cette affirmation de M. Beauchemin ne signifie-t-elle pas, en fait, la raison réelle de cette demande de la FPCCQ à la Régie des marchés agricoles et alimentaire du Québec (RMAAQ), soit de réussir à englober dans son Service de mise en vente en commun du blé (SMVB) la totalité du blé produit sur le territoire québécois?
  • Ne pourrait-on pas, plutôt, penser à mettre en place une chaîne de valeur distincte pour les deux marchés du blé, où producteur et acheteur seraient alors gagnant/gagnant?

Nous comprenons très bien que le Règlement sur la mise en vente en commun dublé destiné à la consommation humaine a été créé afin d’assurer l’uniformité duproduit et d’en garantir ainsi la qualité. Ceci fait, il ne faut surtout pas entrer dans unmécanisme où l’un des marchés ira nuire à l’autre.

Décision de la RMAAQ
Rappelons que dans sa décision (numéro 8782) du 26 avril dernier, qui répondait àla demande de la FPCCQ, datant du 29 novembre 2006, quant à l’approbation d’unemodification de la définition du produit visé par le Règlement sur la mise en vente encommun du blé destiné à la consommation humaine, la RMAAQ affirmait ne pasretenir la nouvelle définition, d’une part parce qu’elle ne peut conclure que cettedéfinition ne s’applique pas au blé destiné à la consommation animale et, d’autrepart, parce qu’elle n’est pas suffisamment claire pour permettre au producteur defaire un choix quant aux semences et marchés qu’il privilégie(voir le texte complet de la décision à l’adresse Internet suivante :http://www.rmaaq.gouv.qc.ca/decision/decision_2007/8782.pdf).

En résumé, il est spécifié que dans les décisions prises ultérieurement, lesproducteurs de céréales qui ont commercialisé leur blé sur le marché de laconsommation animale n’ont pas été appelés à se prononcer sur ce règlement demise en vente en commun. Ainsi, le blé destiné à la consommation animale n’estpas visé par le Règlement (page 11 de la décision, avant-dernier paragraphe).Dans sa décision, la Régie demande à la FPCCQ de négocier avec l’AQINAC,l’ANCQ et La Coop fédérée la définition du « blé » prévue au deuxième alinéa del’article 1 du Règlement sur la mise en vente en commun du blé à la consommationhumaine (voir le texte complet du règlement à l’adresse Internet suivante :http://www.canlii.org/qc/legis/regl/m-35.1r.0.4.5.0001/20060412/tout.html). À défautd’entente, une procédure de conciliation et d’arbitrage s’appliquerait.

En conclusion
Les représentants de l’AQINAC et de l’ANCQ inc. pensent qu’il convenait denuancer ici les propos tenus publiquement par le représentant de la FPCCQ, et deposer des questions. Celles-ci seront d’ailleurs certainement reprises lors de larencontre de négociation, sur la définition du blé destiné à la consommationhumaine, fixée au 24 juillet prochain, 10 h, à Saint-Hyacinthe.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC)
http://www.aqinac.com

Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec
http://www.fpccq.qc.ca/

Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ)
http://www.rmaaq.gouv.qc.ca/

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