Équiterre demande de bannir le glyphosate

Équiterre a demandé de bannir le glyphosate. Tandis que la Fondation David Suzuki a proposé d’interdire l’atrazine, le chlorpyrifos et les néonicotinoïdes.

Depuis le début de la semaine, chercheurs, agronomes, producteurs, environnementalistes présentent des mémoires devant la commission parlementaire sur les pesticides qui a lieu à Québec. Le 23 septembre, deux groupes environnementaux ont recommandé notamment d’interdire certains pesticides. Équiterre a demandé de bannir le glyphosate. Tandis que la Fondation David Suzuki a proposé d’interdire l’atrazine, le chlorpyrifos et les néonicotinoïdes.

“On n’a jamais demandé l’interdiction totale des pesticides, a indiqué Nadine Bachand, chargé de projets chez Équiterre devant les commissaires. On demande de réduire ceux les plus à risque.” L’organisme pense que l’utilisation du glyphosate notamment devrait être réduit graduellement jusqu’à son élimination d’ici cinq ans. “Actuellement, l’indice de risque qu’on lui attribue au Québec ne tient pas compte de la littérature scientifique récente”, a mentionné Nadine Bachand. Selon Équiterre, les études ont foisonné ces dernières années démontrant des liens entre le glyphosate et certaines maladies.

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L’organisme s’en prend d’ailleurs au processus fédéral d’évaluation des pesticides. “Pour la réhomologation du glyphosate, 80% de la littérature scientifique a été fournie par l’industrie. Pour nous, c’est un problème important.” Même son de cloche du côté de la Fondation David Suzuki. “Le Canada n’est pas un cancre dans la capacité d’évaluation des pesticides. Cependant, il y a énormément de faille. On évalue l’ingrédient actif, mais les formulations commerciales sont très peu évaluées”, a soutenu Louise Hénault-Ethier, chef des projets scientifiques pour la Fondation. Pour la chercheuse, il est nécessaire d’avoir des études indépendantes sur la toxicité des pesticides. Et en cas de doute, on devrait en restreindre l’usage.

Les deux organismes s’entendent pour dire également que la vente des pesticides et les services-conseils ne devraient pas être liés. “Il faut éviter le conflit d’intérêts. C’est inadmissible qu’un agronome prescrive des pesticides. Les médecins et les pharmaciens sont indépendants, ça devrait être la même chose en agriculture”, a indiqué Louise Hénault-Ethier. Pour ce faire, le ministère de l’Agriculture devrait réinvestir et augmenter le nombre d’agronomes sur le terrain ainsi l’accompagnement et l’appui aux producteurs seraient accrus.

Les audiences de la commission sur les pesticides se poursuivent jusqu’au 26 septembre. Suivez la couverture du Bulletin.

 

 

 

à propos de l'auteur

Journaliste et rédactrice en chef adjointe

Marie-Claude Poulin est journaliste et rédactrice en chef adjointe au Bulletin des agriculteurs.

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