France : Campagne céréalière 2003-2004: moisson faible mais blés de bonne qualité

Paris (France), 10 septembre 2003 – La France a engrangé cette année l’une des plus petites moissons de ces dix dernières années, notamment en blé et en maïs, après une abondante récolte céréalière en 2002, mais les blés devraient être « d’une qualité exceptionnelle », selon l’Office national interprofessionnel des céréales (ONIC).

« Les excès climatiques ont certes limité le volume de production de blé à 30 millions de tonnes, en recul de près de 20% par rapport à l’an dernier », a déclaré mercredi Christian Lapointe, président du conseil central de l’ONIC. Mais « le millésime 2003 de blé s’annonce sans nul doute le meilleur de la dernière décennie », a-t-il assuré.

Au total, 75% de la collecte est constituée de blés de qualité supérieure contre 54% en 2002, ce qui va permettre de valoriser des volumes importants de blé français en panification, a précisé l’ONIC.

Si la récolte de blé 2003 s’avère moins abondante que l’an passé, elle n’en demeure pas moins de bonne ampleur. La France sera ainsi en mesure de couvrir ses besoins intérieurs mais aussi d’approvisionner en blés « haut de gamme » ses clients traditionnels, au-delà des frontières.

Concernant le maïs, la canicule de cet été a « très fortement » amputé la production et les producteurs attendent une récolte « historiquement faible » de 11,4 millions de tonnes, en recul de près de 30% par rapport à 2002.

La récolte d’orge devrait s’établir à 10,1 millions de tonnes, en baisse de 900 000 tonnes par rapport à 2002, malgré une augmentation des surfaces de 5%.

La sécheresse ayant porté un coup sévère aux rendements du blé, le marché a répercuté la baisse des volumes « par une flambée des prix, perceptible dès la mi-juillet », a affirmé l’ONIC qui a toutefois estimé qu’« au regard des prix de marché très fermes, les prix payés aux producteurs paraissent anormalement faibles ».

A l’instar de la France, les récoltes de maïs et de blé de l’Union européenne ont fortement reculé cette année.

Dans ce contexte, l’Union européenne devra relever le défi de couvrir ses besoins tant dans les secteurs de l’alimentation humaine qu’animale, tout en restant présente sur les marchés des pays tiers.

M. Lapointe attend de la Commission européenne qu’elle « gère les marchés intelligemment », en profitant notamment de la faiblesse des récoltes pour « vider les stocks d’intervention. C’est l’année ou jamais », a-t-il estimé.

Ces stocks d’intervention disponibles dans l’UE s’élèvent actuellement à 4,7 MT de seigle, 700 000 tonnes d’orge, 1,2 MT de blé et 30 000 tonnes de maïs et sorgho, a précisé Daniel Perrin, directeur général de l’ONIC.Pour pallier la faiblesse de la récolte, la Commission a décidé de remettre en vente des stocks d’intervention, a-t-il dit. Une première tranche d’adjudication portant sur 700 000 tonnes de seigle allemand et 400 000 tonnes d’orges françaises sera ouverte le 18 septembre.

Source : AFP

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