France : des récoltes abondantes en vue, malgré la sécheresse

Paris (France), 13 juillet 2005 – Les récoltes françaises devraient être abondantes en 2005, malgré la sécheresse qui affecte une grande partie de l’Hexagone, ce qui pourrait poser des problèmes pour les prix payés aux producteurs.

Blé, maïs, betterave à sucre, fruits, raisins pour la vendange: tous les clignotants sont « au vert » selon les prévisions de récoltes rendues publiques par les organismes professionnels ou recueillies par l’AFP.

La France devrait ainsi connaître une abondante récolte – 36,3 millions de tonnes prévus – de blé tendre, la principale céréale, a annoncé l’Onic (Office national interprofessionnel des céréales) mercredi lors d’une conférence de presse.

Cette estimation – alors que la moisson est bien avancée au sud de la Loire et débute au nord – est presque au même niveau que la récolte de 2004 (37,5 millions de tonnes) et proche du record historique de 1998 (38,3 millions).

A moins « d’incidents climatiques majeurs », la récolte 2005 sera largement supérieure à celle, très mauvaise, de 2003 (29,2 millions de tonnes), prévoit l’Onic.

La récolte d’orge devrait atteindre en 2005 10,5 millions de tonnes contre 11 millions en 2004 et celle de blé dur 2,0 millions de tonnes, très proche du record de 2004 (2,1 millions).

Malgré la limitation des usages de l’eau dans 47 départements, la récolte de maïs devrait être comprise entre 14,5 et 15 millions de tonnes contre 16 millions en 2004, selon l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM).

La production de betteraves, avec un rendement prévu de 11,5 tonnes par hectare, devrait permettre une production de 4 millions de tonnes de sucre, selon la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB).

Les fruits et légumes sont abondants mais, malgré une baisse des prix début juillet, la consommation est jugée décevante par Interfel, l’interprofession de la filière.

Pour la semaine du 4 au 10 juillet, selon le ministère de l’Agriculture, les prix au détail de certains fruits et légumes étaient en baisse par rapport à la même semaine de l’an dernier: abricot (-29,3 %), nectarine (-23,7%), courgette (-12,2%) et cerise (-4,2%). Par contre sont en hausse le concombre (+36,6%), la tomate (+24,3%) et le melon (+15,9%).

Mais les cours de la tomate ronde – 45 à 60 centimes d’euro le kilo au départ des stations d’expédition – était tellement faible cette semaine que Pierre Diot, le président de la section nationale tomate, qui regroupe les organisations de producteurs, envisage de déclencher prochainement la première phase de la mise en application du « coefficient multiplicateur ».

Le « coefficient multiplicateur », autorisé par le gouvernement depuis la semaine dernière, est un dispositif destiné à réguler les prix des fruits et légumes en période de crise conjoncturelle en limitant les marges des commerçants, notamment de la grande distribution.

La vendange 2005 « devrait être comprise entre 54 et 55 millions d’hectolitres », selon Denis Verdier, président de l’Office national interprofessionnel des vins (Onivins). Ce niveau approcherait celui de 2004 (58,8 millions d’hectolitres), ce qui risque de provoquer une nouvelle tension sur les prix dans un secteur déjà en crise.

Ces prévisions de récoltes ont même permis mardi au ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau de repousser toute idée « d’impôt-sécheresse », de funeste mémoire pour l’image des agriculteurs en 1976. Mais il a souligné que les pouvoirs publics devraient engager une « réflexion sur l’usage de l’eau ».

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