France : les fruits et légumes se vendent bien cet été mais assez peu chers

Paris (France), 28 juillet 2005 – Abondants, les fruits et légumes se vendent plutôt bien cet été en France mais pas très chers, selon une enquête menée par l’AFP auprès des producteurs et des distributeurs.

« Jusqu’à présent, à part la cerise en juin, nous avons fait de bons volumes de vente. Tout se vend mais pas cher », explique-t-on à Interfel, l’interprofession des fruits et légumes.

Pour la semaine du 18 au 24 juillet, par rapport à la moyenne de la semaine correspondante des années 2002-2004, les prix de nombreux fruits étaient en diminution: nectarines (-18%), abricots (-29%), prunes (-14%), melons (-16%), selon le service des marchés du ministère de l’Agriculture qui relève les prix dans 150 magasins de détail.

Par contre, deux légumes de saison – la tomate (+20%) et le concombre (+16%) – étaient en hausse.

Selon l’étude sectorielle TNS Secodip portant sur le premier semestre de l’année 2005 par rapport à la même période de 2004, la consommation de fruits et légumes a baissé de 5% (-7% pour les fruits, -4% pour les légumes) tandis que les prix augmentaient de 3% (2% pour les fruits, 4% pour les légumes).

Interfel souligne que la filière reste sur le « fil du rasoir » et dans « une certaine inquiétude » en attendant le pic de campagne de la première quinzaine d’août où doivent arriver sur le marché près de 20 000 tonnes de pêches et nectarines par semaine.

La Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), qui réunit toutes les enseignes de la grande distribution (sauf Leclerc, Intermarché et Système U), a décidé d’engager des « actions de promotion et conditionnement en 2 kg », notamment des pêches et des nectarines.

Des opérations seront organisées dans ces grands magasins pendant le grand week-end de chassé-croisé des vacances des 30 et 31 juillet.

Le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau a estimé que « la grande distribution joue son rôle de solidarité avec les producteurs » même si elle peut encore « mieux faire ».

Pour faire pression sur la distribution et prévenir les risques d’abus, le gouvernement a publié le 9 juillet un décret très attendu par la profession agricole prévoyant la mise en application d’un « coefficient multiplicateur » en cas de crise pour la vente des fruits et légumes afin de limiter les marges des grossistes et des distributeurs.

Le président de la FCD Jérôme Bédier est vivement opposé à la mise en place de ce « coefficient multiplicateur », qu’il dénonce comme un « retour au contrôle des marges qui existait en France avant 1986 ». C’est « un outil qui appartient totalement au passé et qu’il ne peut avoir d’effets positifs », a-t-il dit à l’AFP.

M. Bédier estime même que cette réglementation est contraire aux règles de concurrence européennes et ne pourra jamais s’appliquer en France.

Source : AFP

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