France : un indice des prix des produits agricoles frais

Paris (France), février 2003 – Les agriculteurs, dont les relations se tendent fortement avec la grande distribution, veulent établir la vérité sur les prix des produits frais, en lançant une vaste opération de contrôles dans toute la France.

« Nous allons faire un CAC 40, un panel de relevés de prix de quarante produits frais, qui nous donnera plus de poids dans la négociation avec la distribution », a annoncé mardi Jean–Michel Lemétayer, président de la FNSEA, au Salon de l’agriculture à Paris.

En dix ans, les prix à la consommation ont augmenté de 17 %, ceux à la production diminuant de 23 %.

Au banc des accusés, la grande distribution dont les agriculteurs dénoncent les pratiques commerciales abusives. Ces derniers mois, plusieurs manifestations ont eu lieu en province, notamment d’éleveurs de porcs confrontés à un effondrement des cours.

Le président de la Fédération nationale porcine (FNP) Jacques Lemaître citait récemment l’exemple du jambon, qui, sorti de la salaison vaut 3 à 3,80 euros le kilo, pour atteindre 9,15 à 12,20 euros, une fois tranché et mis en barquette.

Les contrôles décidés par la FNSEA, dont un premier bilan devrait être dressé en juin, seront réalisés par « des agriculteurs, des retraités qui, toutes les semaines, relèveront les prix dans les grandes surfaces », a précisé M. Lemétayer.

La FNSEA veut associer à son opération « l’ensemble des entreprises de la transformation pour qu’elles fassent remonter les +exactions+ » constatées chez les distributeurs.

En novembre 2002, les agriculteurs de la FNSEA ont signé un accord de principe avec les grandes surfaces prévoyant de sanctionner les pratiques commerciales abusives. Cet accord faisait suite à des opérations de blocage de 77 plates–formes d’approvisionnement des distributeurs qui avaient mobilisé quelque 13.000 agriculteurs pendant deux jours.

Pour Jérôme Bédier, président des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), ce « CAC 40 ne change pas grand chose : tous nos prix sont publics et observés en permanence », a–t–il dit à l’AFP.

M. Bédier a regretté que la convention signée avec les agriculteurs et l’appui des pouvoirs publics, pour la création « d’un observatoire des prix et des marges » n’ait pas été suivie d’effet.

Dans leur combat, les agriculteurs sont soutenus par le gouvernement.

Lors de l’inauguration du salon samedi, le président Jacques Chirac a qualifié d’« injustifiables » les marges prises par la grande distribution sur les produits agricoles. Ce problème « doit être traité avec beaucoup de fermeté » car « il y a quelque chose de scandaleux », a–t–il dit, demandant au ministre de l’Agriculture de rechercher une solution.

Le secrétaire d’Etat au Commerce et à la Consommation Renaud Dutreil a réaffirmé son souhait « de mettre le holà à la dérive » des marges arrières perçues par les distributeurs.

Il a insisté sur les 172 procès–verbaux dressés récemment aux distributeurs par la DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) sur les pratiques commerciales.

Parallèlement à son « CAC 40 », la FNSEA lance une campagne d’afichage à destination des consommateurs avec le slogan « les nouveaux saigneurs » (bien saigneurs) pour dénoncer « le racket » des grandes surfaces.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA)
http://www.fnsea.fr/

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