Greenpeace sonne l’alarme sur la question des poissons « Trojan »

Montréal, le jeudi 20 janvier 2000 – Un rapport de Greenpeace rendu public aujourd’hui conclut que les poissons issus du génie génétique posent une menace sérieuse aux espèces poissonnières sauvages. En conclusion, il est recommandé que ces nouveaux organismes vivants ne soient pas utilisés en aquaculture. La sortie de ce rapport coïncide avec la venue à Montréal de la dernière série de négociations mondiales, sous l’égide des Nations unies, devant résulter en l’adoption du Protocole sur la biosécurité.







Les descendants des poissons géntiquement modifiés semblent avoir une capacité de reproduction réduite, ce qui risque de miner la santé de la population entière.


L’étude utilise un modèle scientifique élaboré par l’Université Purdue qui permet de valider l’inquiétude qu’un petit nombre de poissons génétiquement modifiés (GM) pour obtenir une croissance accrue pourrait éradiquer de larges populations de poissons sauvages. Les poissons GM attireraient un plus grand nombre de congénères pour la reproduction, ce qui leur permettrait de transmettre rapidement à une population leur nouvelles caractéristiques. Cependant, les descendants de ces poissons semblent par la suite avoir une capacité de reproduction réduite, ce qui risque de miner la santé de la dite population entière. Ce phénomène est connu des scientifiques comme l’effet « Trojan ».

Des compagnies, telle la société A/F Protein de la province canadienne de Terre-Neuve, souhaite débuter une production commerciale de poissons GE d’ici 2001, et ce malgré les inquiétudes environnementales soulevées et les nombre de questions toujours en suspend quant aux impacts sur la santé humaine. Cette société a d’ailleurs déjà entrepris deux analyses de goût de poissons GE, arguant que ces expériences conduites sur des sujets humains « n’était qu’une étape pour obtenir l’appui du public ». Or, ces analyses ont été conduites avec l’assentiment de Santé Canada, une agence qui ne semble pas condamner la consommation d’organismes génétiquement modifiés (OGM).

Le rapport de Greenpeace souligne l’urgence de la ronde finale de négociation pour un Protocole sur la biosécurité dans le cadre du Protocole sur la Diversité biologique, adopté en 1992 au Sommet de la Terre. Une majorité de pays voudrait que le Protocole fournisse des directives claires quant à l’importation et l’exportation d’OGM, ce qui permettrait aux différents pays de bannir l’importation de ces produits à l’intérieur de leur territoire sur la base des préoccupations pour la santé humaine et pour l’environnement.

Les pays producteurs et exportateurs de grains transgéniques, soit le Canada et les États-Unis, en alliance avec les quatre autres pays membres du groupe de Miami, ont empêché l’établissement du protocole dans toutes les négociations précédentes. Ces pays réclament que toute mesure en matière d’importation et d’exportation d’organisme génétiquement modifié soit régulée sous l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et ait préséance sur les autres accords internationaux traitant d’environnement.

« La pression pour la commercialisation des poissons génétiquement modifiés est de plus en forte. Si de
tels organismes s’échappent dans la nature, les conséquences potentiellement dévastatrices sont à craindre,
explique Nadine Bachand, responsable de la campagne sur le génie génétique à Greenpeace à Montréal. Voilà
pourquoi il est de la plus haute importance d’établir des règles sévères au sein du protocole. »

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada

http://www.greenpeacecanada.org/

Santé Canada

http://www.hc-sc.gc.ca

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