Innovation, R-D et main-d’oeuvre : Facteurs clé pour assurer la compétitivité de la transformation alimentaire

Montréal (Québec), 4 septembre 2007 – Pour maintenir la compétitivité du secteur de la transformation alimentaire, il est essentiel d’accroître l’investissement en matière d’innovation, de recherche et de développement.Pour ce, estime l’Alliance de la transformation alimentaire (ALTA),l’industrie de la transformation devra intensifier ses investissements etobtenir une part significative des aides gouvernementales. La main-d’oeuvredeviendra par ailleurs un enjeu de taille au cours des prochaines années,auquel il faut accorder une attention particulière.

Des outils essentiels pour s’adapter au marché
Pour que la transformation alimentaire reste compétitive à l’échellemondiale, elle devra accorder à l’innovation et à la R-D une place de choix.Les attentes du marché de consommation sont par ailleurs de plus en pluscomplexes et pressent le secteur d’accentuer l’innovation pour suivrel’évolution du marché.

Force est de constater néanmoins que l’investissement en R-D est plustimide dans le secteur de la transformation alimentaire que dans celui del’ensemble de la fabrication. Ceci est du en grande mesure, estime l’ALTA, aufaible niveau d’investissement direct du gouvernement provincial. Or, legouvernement québécois a annoncé en 2006 un vaste programme d’aide àl’innovation et à la recherche, de 1,2 milliard $, sur un horizon de troisans. Il convient donc, selon l’ALTA, que ces fonds puissent bénéficieréquitablement aux différents secteurs industriels québécois. Une partsignificative de ces aides doit être accordée au secteur de la transformation,en phase avec son poids économique.

Les mesures fiscales comme les crédits d’impôt figurent parmi les aidesprivilégiées par le gouvernement. Ces outils ne couvrent toutefois pas tousles besoins des entreprises ; ils ne sont pas facilement accessibles et nesoutiennent que peu le développement de nouveaux produits. Il y aurait lieu desimplifier le tout et de prévoir des mesures fiscales pour supporter ledéveloppement de nouveaux produits et élargir l’attribution des créditsd’impôt à la recherche scientifique et au développement expérimental.

L’ALTA croit par ailleurs que l’innovation doit être approchée de façonstratégique, s’appuyant sur une vision gouvernementale claire et lacoordination d’un organisme qui y serait dédié. A cet égard, l’ALTA considèreque le soutien proposé par l’Etat est fragmenté et, de ce fait, moinsefficace. Elle formule également le souhait que l’information relative auxaides gouvernementales soit centralisée et plus accessible. Elle recommandeenfin que le transfert de technologie soit plus rapide et efficace et pour cefaire, que Cintech Agroalimentaire se voit allouer une part significative du12,6 millions de dollars alloués aux activités des CCTT.

Une main-d’oeuvre suffisante et compétente
A en croire les tendances démographiques, dès 2008, le bassin demain-d’oeuvre devrait diminuer, ce qui renforcera la bousculade entreentreprises, qui se disputeront la main-d’oeuvre disponible. Dans ce contexte,la transformation alimentaire sera mise au défi car elle est souvent perçuecomme industrie aux conditions de travail exigeantes. Par ailleurs, selonEmploi Québec, le taux annuel de croissance de l’emploi dans ce secteur serade 1,8% comparé à 0,4% pour l’ensemble des secteurs de fabrication, ce quisignifie la création de 7 000 nouveaux emplois.

Pour assurer un bassin de main-d’oeuvre suffisant, il faudra d’une partaméliorer les conditions de travail et, pour ce, investir dans lerenouvellement des équipements et des technologies. La remise en place desmesures fiscales d’amortissement accéléré pourrait fournir une aideappréciable dans ce sens. Il faudra également prévoir un programme derétention du personnel et soutenir les efforts de promotion et de valorisationdu secteur de l’industrie bioalimentaire dans ensemble, de la transformationalimentaire en particulier, et des carrières qui sont reliées à ces secteurs.

Mais le défi de la main d’oeuvre est aussi d’ordre qualitatif.Mondialisation, besoins multiples et complexes des consommateurs sont autantde facteurs qui changent la donne et qui exigent une main-d’oeuvre disposantde compétences spécifiques. La formation devient ainsi facteur clé.

Pour toutes ces mesures l’ALTA demande l’appui concerté des organismesgouvernementaux. Elle demande également de renforcer le rôle du Comitésectoriel de main-d’oeuvre transformation alimentaire en lui allouant plus demoyens pour élargir son offre de services.

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