La Chine affirme être exempte de fièvre aphteuse, les experts doutent

Pékin (Chine), 27 mars 2001 – La Chine a démenti mardi être à l’origine de l’épizootie de fièvre aphteuse qui a frappé l’Europe, mais les experts étrangers en poste à Pékin doutent que le pays ait pu échapper à l’épidémie quand ses voisins en sont victimes.

Un porte-parole du ministère chinois de l’Agriculture dénommé Wang a affirmé à l’AFP qu’aucun foyer d’infection n’avait été découvert en Chine au cours des deux dernières années et qu’il n’y a ainsi « aucune raison de soupçonner la Chine : les pays européens n’importent pas de viande de notre pays », a-t-il dit.

M. Wang a assuré que de strictes mesures de quarantaine étaient prévues pour empêcher l’importation ou l’exportation d’éventuels produits contaminés et estimé que la Chine n’était pas concernée par l’entrée frauduleuse de viande infectée en Grande-Bretagne.

« La Chine n’en est pas responsable. Il n’est pas juste de formuler des accusations sans preuves », a-t-il déclaré. La Chine a interdit ces dernières semaines l’importation de viande des pays européens touchés par l’épizootie.

Les soupçons sur la transmission de l’épizootie à l’Europe se tournent de plus en plus vers l’Asie, qui a vu naître le virus. Le Times de Londres a rapporté mardi que de la viande avariée entrée en fraude en Grande-Bretagne en provenance d’Extrême-Orient, puis servie dans un restaurant chinois, est considérée comme la source la plus probable de la fièvre aphteuse.

« Les Chinois ont reconnu une manifestation de l’épizootie en 1999 et il est de notoriété publique qu’elle est très répandue », a déclaré à l’AFP un expert agricole occidental qui a requis l’anonymat. « Ils sont très loin de la maîtriser et aucun autre pays ne considère que la Chine soit épargnée par la fièvre aphteuse ».

Peu de pays importent de la viande ou du bétail de Chine du fait des difficultés de Pékin à éradiquer la maladie, a souligné l’expert occidental. Mais il est possible que des voyageurs aient importé de la viande contaminée au Royaume-Uni, soit par inadvertance, soit à des fins de contrebande, a-t-il ajouté.

Les experts estiment que le virus panasiatique O, responsable de la crise européenne, est apparu dans le nord de l’Inde en 1990, d’où il a gagné plusieurs pays voisins de la Chine comme le Népal, le Bhoutan, le Laos, la Mongolie et l’Extrême-Orient russe.

La Chine a été touchée elle-même en 1999, avec des foyers signalés au Tibet, au Fujian (sud-est) et dans l’île de Hainan (sud). Taiwan a été contaminée par un transport de bovins en provenance de l’île de Kinmen, sous administration taiwanaise mais toute proche du Continent.

En mars 2000, le Japon et la Corée du Sud, touchés à leur tour, ont indiqué que du fourrage chinois pouvait être à l’origine de la maladie, un soupçon alors rejeté par Pékin.

M. Wang a démenti que la contamination de Taiwan ainsi qu’un foyer signalé récemment à Hong Kong aient pu avoir le Continent pour origine. Des cas de fièvre aphteuse ont été détectés cet hiver à Hong Kong où 460 porcs sont morts de cette maladie, selon l’agence Chine nouvelle.

L’agronome Liu Zhiren, du Centre de recherche chinois en économie agricole, a assuré que la maladie avait été « pratiquement éradiquée » en Chine depuis les années 1970. Mais il a reconnu qu’il était difficile pour les autorités de passer l’inspection dans les millions de petits élevages porcins qui parsèment le pays.

Source : AFP

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