La Chine investit 18 milliards de dollars dans l’agriculture

France, 9 février 2004 – La Chine s’apprête à faire un très gros effort financier à l’égard de son immense population agricole en lui attribuant une enveloppe record de 150 milliards de yuans, soit 18 milliards d’euros. L’investissement dans ce secteur est en hausse de 30 milliards de yuans par rapport à 2003 et le plus important jamais réalisé. L’objectif des autorités chinoises est d’apporter un substantiel complément de revenu aux agriculteurs, alors que leur situation apparait comme «le plus grave problème du processus de modernisation du pays», selon les termes d’un représentant des Finances au sein du Parti communiste. Les paysans sont manifestement la catégorie qui a le moins profité de la croissance et de l’ouverture de l’empire du Milieu aux échanges mondiaux. Dans le temps où le revenu des citadins progressait de 8% entre 1997 et 2003, celui des 900 millions de ruraux augmentait deux fois moins. A cette trop faible évolution, s’ajoute le problème de la persistance de fortes disparités au sein de cette catégorie de population..

Les domaines à moderniser dans le secteur agricole sont légion, des infrastructures à la fiscalité en passant par la forêt, l’exploitation des ressources aquatiques, l’éducation et la santé. Les allègements fiscaux atteindront 150 milliards de yuans (18 milliards de dollars), contre 120 milliards de yuans (14,5 milliards de dollars) un an avant. Les taxes seront complètement supprimées sur certains produits sauf le tabac. Le très sensible secteur céréalier, que les dirigeants chinois se sont toujours efforcés de privilégier en veillant au remplissage des greniers pour éviter les famines, a perdu de son importance en 2003. Les surfaces emblavées ont diminué de 5,8% à 430,6 millions de tonnes. Le recul est le fait des inondations mais également de la spéculation immobilière qui grignote les terres agricoles. Sur cinq ans, la baisse de la production céréalière est impressionnante. Elle atteint 16% si l’on compare le tonnage de 1998 (512 millions de tonnes) à celui de 2003 (130,6 millions) et inquiète les dirigeants, car elle contribue à l’inflation, qui a atteint 3,2% en décembre dernier. Un des projets du gouvernement repose sur l’aide à la production de grains de qualité supérieure.

Source : Les Échos

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