La FNB craint le pire malgré les précautions

Paris (France), 16 mars 2001 – Alors qu’aucun nouveau cas de fièvre aphteuse n’a été découvert en France depuis mardi, la Fédération nationale bovine (FNB) dit craindre le pire, en dépit des mesures préventives drastiques déployées dans l’Hexagone.

« Je crains le pire, même si les scientifiques, les vétérinaires disent que plus les heures passent, moins il y a de risque d’extension de la fièvre aphteuse. Je suis prudent », a déclaré Pierre Chevalier, président de la FNB, dans une interview à Reuters.

Jusqu’à présent, un seul cas avéré de la maladie a été découvert, mardi, dans une exploitation de La Baroche- Gondouin, en Mayenne.

Par précaution, 22 exploitations dans treize départements sont maintenues sous surveillance, en France, après des résultats sérologiques positifs sur des animaux ayant été en contact avec le virus.

La France a déjà abattu 36.499 animaux comprenant plus de 17.000 ovins importés du Royaume-Uni. Ce total comprend aussi 18.098 ovins français ayant été en contact avec ceux provenant du Royaume-Uni, 433 bovins et 107 porcs.

Rappelant le caractère hautement contagieux de cette épizootie qui sévit en Grande-Bretagne, le président de la FNB croise les doigts pour que le cas de Mayenne soit « cerné ».

« C’est une épizootie tellement contagieuse. Je ne vois pas où est la solution », dit-il, en observant que la situation devient « intenable » chez les éleveurs français, les animaux invendus s’accumulant dans les exploitations.

Moins de rigueur sanitaire

Si Pierre Chevalier reconnaît le bien-fondé des dispositifs de précaution et de surveillance installés en France, il met en garde contre le mécontentement dans les régions d’élevage jusqu’à présent épargnées.

Les éleveurs de l’Est et du sud de la Loire acceptent difficilement la « rigueur » sanitaire qui leur est imposée, en particulier l’interdiction de transférer les animaux dans les abattoirs, explique-t-il.

Les éleveurs sont « désespérés et énervés par la rigueur sanitaire » parce qu’ils ne peuvent pas commercialiser leurs bovins, même s’ils « comprennent qu’il faut prendre ces mesures pour éviter la propagation de l’épizootie ».

Le président de la FNB compte sur la compréhension des pouvoirs publics pour « assouplir dans certaines zones », l’interdiction de livrer les animaux aux abattoirs.

Pierre Chevalier estime toutefois qu’il faut maintenir l’interdiction des marchés à bestiaux.

Il réclame par ailleurs des mesures financières d’urgence pour aider le secteur.

Il juge « insuffisante » l’indemnisation minimale de 5000 FF par bovin annoncée par le ministère de l’Agriculture.

« Un bovin coûte entre 5000 et 15 000 FF, mais un taureau limousin ou charolais peut valoir jusqu’à 100 000 FF », fait observer Pierre Chevalier.

Il rappelle que l’indemnisation doit aussi couvrir les pertes de production et de produits durant toute la période d’inactivité.

« On demande une indemnisation de la valeur exacte des animaux », dit-il, en rappelant que les éleveurs de bovins étaient déjà « dans une situation fragile avec la crise de la vache folle ».

D’ores et déjà, des cellules psychologiques commencent à s’implanter dans les départements « pour remonter le moral » des éleveurs, souligne-t-il.

Source : Reuters

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