La moitié de l’humanité dépend de son bol de riz

Paris (France), 23 février 2002 – Le riz est l’aliment de base de la moitié de l’humanité et sa production devra augmenter de 30% au cours des vingt prochaines années, sous peine de voir le spectre de la famine menacer les populations les plus démunies.

Partant de ce constat, le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), présent au salon de l’agriculture, a relevé le défi pour aider les pays producteurs à assurer leur sécurité alimentaire et leur permettre d’accroître leur production commerciale.

« Le riz est la céréale de la pauvreté, contrairement aux deux autres grandes céréales, le blé et le maïs », assène Bernard Bachelier, directeur général du CIRAD qui organise lundi une journée de conférence-débat sur le sujet.

« Aujourd’hui les rendements plafonnent, notamment en Asie pour le riz irrigué. Nous sommes passés par des phases de forte intensification et l’on ne peut guère aller au-delà, tandis que les ressources en eau se raréfient », explique-t-il.

En assurant plus de 90% de la production mondiale de riz, l’Asie arrive tout juste à couvrir ses besoins, c’est-à-dire à nourrir 60% de la population mondiale. Or les terres à défricher deviennent de plus en plus rares, notamment en raison de l’urbanisation.

Pour la recherche agronomique, l’enjeu majeur est donc de trouver de nouvelles formes d’agriculture moins voraces en eau et en produits chimiques, tout en accroissant la productivité.

Le CIRAD préconise le développement de la riziculture pluviale (actuellement seulement 13% des surfaces rizicoles), qui n’utilise que l’eau de pluie et permet la mise en culture des terrains d’altitude, grâce à de nouvelles variétés de riz résistant au froid.

Cette expérience est menée avec succès à Madagascar, un des pays les plus pauvres de la planète, où 15.000 exploitations des hauts-plateaux pratiquent déjà cette forme de culture, également encouragée dans la zone tropicale humide du Brésil.

Grâce à la biologie moléculaire, le CIRAD a mis au point des variétés de riz résistant à la « pyriculariose », un champignon microscopique qui colonise les tissus du riz et peut anéantir une production. Toutes ces variétés ont été obtenues par la voie classique des croisements.

« Le CIRAD ne travaille que très modestement sur les transformations génétiques. Les grandes voies d’amélioration du riz passent actuellement par la production de semis pour éviter le labourage des sols et par les croisements de variétés », précise M. Bachelier.

La recherche sur les OGM ne représente que 2% des activités du CIRAD. « Nous considérons qu’il n’y a pas aujourd’hui de résultat permettant la vulgarisation ni la commercialisation des OGM: nous sommes dans un processus de recherche à long terme », souligne ce scientifique.

Un discours qui laisse de marbre les anti-OGM: en juin 1999, José Bové et des militants anti-mondialisation ont saccagé une serre et détruit des plants de riz transgénique dans les locaux du CIRAD à Montpellier.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD)

http://www.cirad.fr

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