La position du Canada sur le commerce a besoin de plus de visibilité sur la scène mondiale

Ottawa (Ontario), 23 juin 2003 – Les dirigeants agricoles de la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA) sont allés à Genève plus tôt cette semaine pour rencontrer Stuart Harbinson, président du Comité de l’agriculture de l’OMC. Les porte parole de la FCA ont défendu la position du Canada sur le commerce en prévision de la mini réunion ministérielle devant avoir lieu en Égypte. Ils ont aussi rencontré l’ambassadeur du Canada auprès de l’OMC, Sergio Marchi, et les ambassadeurs des États Unis, de l’Union européenne, de l’Inde, de la Suisse et du Japon pour les négociations commerciales.

« Au terme de ces rencontres, la FCA juge indispensable que le gouvernement canadien intensifie ses efforts pour faire connaître la position du Canada à d’autres pays membres de l’OMC, a confié le président de la FCA, Bob Friesen. Nous avons remarqué que la position canadienne suscite beaucoup d’intérêt, mais que les détails ont besoin d’être mieux précisés lors des discussions. »

« D’après notre évaluation, le Canada a trois grands buts à atteindre pour que ces négociations aillent de l’avant. Nous devons nous fixer un niveau d’ambition plus élevé pour pouvoir discipliner les dépenses de la catégorie verte et concevoir une approche de l’accès aux marchés qui associe de nouveaux engagements à une mesure de souplesse adéquate. Au sujet des subventions à l’exportation, les porte parole de la FCA ont dit souhaiter la quête de disciplines strictes et efficaces sur le recours aux programmes de crédit à l’exportation et d’aide alimentaire », a déclaré M. Friesen dans son exposé à M. Harbinson.

Les agriculteurs canadiens sont très favorables à l’approche de l’accès aux marchés mise de l’avant par les négociateurs commerciaux canadiens, a confié M. Friesen à M. Harbinson. La FCA estime que l’établissement de règles communes claires et applicables sur l’accès minimal avec l’approche facultative du Canada1 constituerait un bon point de départ pour relever le défi d’améliorer notablement l’accès aux marchés tout en assurant la souplesse requise.

Les dirigeants agricoles ont fait valoir à M. Harbinson qu’au chapitre du soutien interne, il est crucial d’obtenir d’importantes réductions des subventions intérieures en révisant les définitions de la catégorie verte. Selon les cadres de la FCA, les propositions lancées par M. Harbinson continueraient d’obliger nos agriculteurs à livrer concurrence à d’autres pays lourdement subventionnés, en particulier les États Unis.

« Nous croyons fermement qu’il y a des situations dans lesquelles les agriculteurs individuels ou les petits groupes d’agriculteurs n’ont pas le pouvoir d’obtenir un juste prix pour leurs produits, a déclaré Laurent Pellerin, premier vice-président de la FCA et président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) au sujet des entreprises commerciales d’État et des systèmes de mise en marché ordonnée. Nous avons mis sur pied un cadre de travail pour ceci au Canada qui permet l’établissement de divers systèmes de mise en marché dirigés par les producteurs. Ces structures sont équitables, ne faussent pas les échanges commerciaux et respectent les dispositions de l’article XVII. »

« L’approche facultative de l’accès aux marchés que propose le gouvernement canadien améliorerait sensiblement l’accès aux marchés tout en protégeant les moyens d’action des agriculteurs. Elle réduirait le fossé qui sépare les deux positions divergentes actuelles : la formule suisse et la formule du Cycle d’Uruguay », a déclaré M. Friesen.

Selon les leaders du milieu agricole, il y aurait possibilité de présenter la position du Canada comme la solution qui permettrait de sortir les négociations de l’impasse dans laquelle elles se trouvent.

« Il faut faire davantage pour forger des alliances avec d’autres pays et promouvoir avec dynamisme la position de négociation du Canada », a conclu Laurent Pellerin.

La délégation dirigée par la FCA soumettra ces questions directement au ministre du Commerce international, Pierre Pettigrew.

1 Voici un exemple de l’application de cette approche à l’actuel tarif à double niveau (tarifs intra quota et hors quota) et à tout tarif unique transformé en tarif à double niveau tel que décrit ci dessus.

Établissement de contingents tarifaires sur une base de groupe de produits comme le porc, le boeuf, etc. pour tous les produits au sein de chaque groupe de produits. Les groupes de produits nécessitant des calculs et dispositions distincts d’accès minimum devraient être inscrits sur une liste particulière.

Maintien des tarifs hors-quota à un niveau qui garantit un accès ne dépassant pas le niveau prévu pour le contingent tarifaire (CT).

Abolition complète des tarifs intra-quota.

Application de règles transparentes, efficaces et exécutoires sur l’administration des contingents tarifaires pour garantir que le niveau d’accès minimal engagé est disponible et réalisable

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération Canadienne de l’agriculture
http://www.cfa-fca.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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