La première version de l’accord ZLÉA déposée

Buenos Aires (Argentine), 3 avril 2001 – L’Argentine, qui coordonne les négociations commerciales dans les Amériques, a présenté mardi la version préliminaire de l’accord de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA), qui sera au coeur des négociations du sommet de Québec à la fin du mois.

L’Argentine a présenté le document aux représentants de 33 autres pays du continent, qui sont réunis à Buenos Aires pour quelques jours.

La ZLEA créerait la plus grande zone de libre-échange au monde, où 783 millions de personnes vivent et produisent 11,4 trilliards$ US de biens et services, dont 2,7 trilliards$ US sont des échanges commerciaux.

« Aujourd’hui, nous pouvons annoncer que nous avons rédigé la première version de l’accord de libre-échange continental », a affirmé le sous-ministre argentin des Affaires étrangères, Horacio Chighizola, lors d’une rencontre sous haute sécurité avec ses homologues.

Les ministres du Commerce, de l’Industrie et des Affaires étrangères des 34 pays des Amériques, sauf Cuba, doivent se rencontrer toute la semaine à Buenos Aires, afin de réviser avec leurs fonctionnaires la version de l’accord de la ZLÉA qui sera discuté et proposé aux chefs d’État au Sommet des Amériques de Québec, du 20 au 22 avril.

L’Argentine coordonne les négociations dans lea domaines de la propriété intellectuelle, de l’accès aux marchés, de l’agriculture, de même que des lois sur la concurrence.

Un des principaux débats qui entourent l’accord de libre-échange est l’échéancier pour créer la ZLEA, qui s’étendrait de la Terre de feu à l’Arctique canadien.

Alors que les États-Unis et le Chili sont favorables à l’idée de devancer l’échéancier à 2003, le Canada et le reste de l’Amérique latine préfèrent 2005, comme prévu.

« Nous espérons qu’il y aura une déclaration ministérielle cette semaine afin de déterminer l’échéancier des négociations », a indiqué le négociateur en chef du Brésil, Jose Alfredo Graca Lima.

« Nous ne parlons pas de date mais ça pourrait être discuté. Les discussions se poursuivent mais il n’y a pas de consensus quant à la proposition des États-Unis (pour 2003). »

La nouvelle administration américaine a choisi la ZLÉA, le projet personnel du père du président George W. Bush, l’ancien président George Bush, comme sa première initiative commerciale d’importance. Le représentant américain du Commerce, Robert Zoellick, a reconnu que le progrès des négociations dépenderait des compromis des différentes parties.

Les Sud-Américains disent espérer un changement d’attitude des États-Unis et perçoivent les lois antidumping de ce pays comme nuisibles.

L’Argentine, comme le Brésil, sont dépendantes du commerce étranger, qui compte pour 10% de leur produit intérieur brut (PIB).

La plupart des pays sud-américains veulent accroître leurs exportations afin d’encourager leur croissance économique, ce que le Chili et le Mexique ont déjà réussi.

« Il y a encore beaucoup de travail ardu à faire à ce sujet et les parties avancent, mais avec un ordre du jour arrêté », a indiqué un négociateur commercial.

Les États-Unis, pendant ce temps, ont un surplus commercial avec l’Amérique latine, ce qui explique pourquoi le pays est si fervent du libre-échange dans la région.

Le département américain du Commerce estime que les exportations américaines vers l’Amérique latine seront plus importantes d’ici 2007 que celles entre l’Union européenne et le Japon.

Source : Reuters

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