La Russie a rouvert la porte au poulet américain

Moscou (Russie), 15 avril 2002 – La Russie a rouvert ses portes au poulet américain tout en maintenant certaines restrictions et en avertissant qu’une baisse de la qualité de la volaille importée entraînerait un retour de l’embargo.

Le ministère de l’Agriculture a annoncé à l’agence Itar-Tass que l’embargo qui avait été imposé le 10 mars pour des raisons sanitaires avait été levé lundi, conformément à ce que Moscou avait annoncé samedi.

L’embargo reste en vigueur pendant six mois contre quatre Etats Américains : Caroline du nord, Virginie, Maine et Pennsylvanie, en raison de la présence d’un virus de la grippe touchant la volaille, a précisé le premier adjoint du ministre de l’Agriculture, Sergueï Dankvert. Les sanctions sont également maintenues contre 14 entreprises américaines dont les livraisons avaient montré la présence de salmonelles.

Le ministère a averti qu’en cas de baisse de la qualité de la viande de poulet importée, l’embargo serait réintroduit. « Le ministère suivra avec attention les conditions d’importation de la viande de poulet américain » et si la qualité recommence à baisser, des mesures adéquates prévues par les lois en vigueur seront prises, selon Ria Novosti. Le ministère a également souligné que « des contrôles spéciaux et sévères seraient maintenus sur les achats de poulet américain ».

Les restrictions à la levée de l’embargo touchent entre 20 et 25% du volume antérieur des importations russes en provenance des Etats-Unis équivalentes à un million de tonnes environ par an. L’embargo avait été imposé par les Russes pour des raisons sanitaires: l’utilisation d’antibiotiques également employés pour les humains, ce que la réglementation russe interdit, et la découverte de lots contenant des salmonelles. Cet embargo était très dommageable pour les Américains qui écoulent 40 % de leur production sur le marché russe pour un montant de 600 à 800 millions de dollars par an.

Afin de permettre la levée de l’embargo, les Américains et les Russes avaient signé le 31 mars dernier un protocole comportant 13 mesures, notamment sur les conditions d’importation de la volaille que les Américains se sont engagés à observer.

Des experts indépendants avaient estimé que cet embargo était en réalité inspiré par le désir des Russes de protéger de la concurrence étrangère leur secteur avicole en plein redressement. La presse russe y avait également vu des mesures de représailles aux mesures protectionnistes décidées par les Américains pour protéger leur acier.

Source : AFP

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