La viticulture française doit changer pour ne pas souffrir

Tokyo (Japon), 10 septembre 2001 – La viticulture française, notamment dans le Languedoc-Roussillon, devra se restructurer pour affronter la concurrence des vins du Nouveau Monde, ou son avenir s’annonce sombre, a affirmé lundi à Tokyo le ministre français de l’Agriculture Jean Glavany.

« Ou elle se reprend, ou elle va connaître des moments très douloureux », a dit le ministre en évoquant « les millions d’hectolitres » restés sur les bras des producteurs dans la première région française (par la quantité produite).

Selon le ministre, « beaucoup d’intervenants n’ont pas encore compris que nous étions concurrencés par les vins du Nouveau Monde. Ceux qui l’on compris s’en sortent, mais les autres ont encore des efforts à faire ».

M. Glavany a regretté que l’effort de restructuration et de qualité lancé il y vingt ans dans le vignoble languedocien se soit ensuite relâché « en raison d’une conjoncture très favorable », qui a pris fin il y a un ou deux ans.

Encore la première du monde, la viticulture française est de plus en plus malmenée sur ses principaux marchés d’exportations par la concurrence des vins australiens, chiliens ou californiens. Le magazine américain des affaires Business Week faisait sa couverture la semaine dernière sur « La guerre du vin », ou « comment les vins américains et australiens enfoncent les français ».

Pour Jean Glavany, la structure de la production française dans le Languedoc-Roussillon, où prédominent les coopératives agricoles, n’est pas un handicap face aux puissantes sociétés privées du Nouveau Monde.

« Commercialement, rien n’interdit aux coopératives d’agir comme des sociétés privées et certaines le font avec succès », a-t-il dit.

Sur un marché japonais de plus en plus sophistiqué, la France paraît néanmoins en mesure de défendre sa position de leader. Les exportations ont progressé de 24% sur les six premiers mois par rapport à l’an dernier, « ce qui indique que le destockage entamé en 1999 et poursuivi en 2000 semble terminé », estime un responsable du PEE (poste de l’expansion économique).

Après une véritable explosion en 1998, le marché japonais des vins importés avait connu une sévère correction en 1999 et 2000, le temps d’écouler les stocks accumulés par les importateurs.

Source : AFP

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