Le débat européen sur les farines animales reprend

Luxembough (Luxembough), 24 avril 2001 – Les ministres de l’Agriculture des Quinze ont repris à Luxembourg le débat sur l’opportunité d’autoriser à nouveau les farines carnées dans l’alimentation animale, malgré la méfiance des consommateurs européens, qui continuent à bouder la viande.

L’Union européenne avait décrété en décembre dernier, au plus haut de l’inquiétude sur l’ampleur exacte de l’épizootie d’Encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), une interdiction de ces farines suspectes jusqu’au 30 juin prochain.

La France, l’Allemagne, l’Espagne, le Portugal et l’Autriche souhaitent que l’Union décrète un embargo définitif.

« L’Allemagne veut une prolongation (de l’interdiction) sans aucune limite, mais il n’y a pas de majorité pour cela », a déclaré le ministre allemand de l’Agriculture, Renate Künast.

Mais la Commission européenne et plusieurs Etats membres, comme la Finlande, la Suède et les Pays-Bas, veulent continuer à valoriser les « déchets animaux » à certaines conditions.

L’interdiction actuelle devrait selon eux être prorogée le temps d’adopter, sans doute en 2002, une nouvelle classification des déchets dans le cadre de la directive dite « équarissage ».

Les déchets à risque, comme la moëlle épinière, continueraient d’être détruits, ceux à risque moyen pourraient être utilisés comme engrais agricole et tous les déchets aptes à la consommation humaine pourraient être employés dans les farines destinées aux non-ruminants (porcs, poules, etc.).

Dans ce contexte, aucune décision définitive n’est attendue mardi, mais la perspective d’une réautorisation même partielle des farines carnées risque toutefois de peser sur la confiance des consommateurs, qui continuent à bouder la viande.

La crise persiste
Selon les chiffres les plus récents, la crise persiste sur le marché, même si un léger mieux peut être constaté.

Pendant les 30 derniers jours, la consommation n’a chuté « que » de 18% par rapport à la même période de l’an dernier, ce qui constitue un léger progrès par rapport à la baisse de 23% constatée au cours du mois précédent.

« Cette augmentation pourrait toutefois être temporaire en raison de la période de Pâques », peut-on lire dans un communiqué de l’exécutif européen, qui montre que la situation est très différente selon les Etats membres de l’Union.

Si l’Allemagne a enregistré le mois dernier une baisse de 40% de sa consommation de viande bovine et l’Italie de 30%, la France et l’Espagne ont limité les dégâts (moins 20%), tandis que la Belgique a pratiquement retrouvé son niveau d’avant la crise (moins 5%), le Royaume-Uni ayant échappé à la crise.

Les prix des bovins restent faibles mais approchent un niveau jugé tout à fait « acceptable » par la Commission.

Les stocks s’accroissent rapidement — 190.000 tonnes sont actuellement entreposés dans des frigos — et quelque 481.000 animaux de plus de 30 mois ont été incinérés pour faire place nette, dont 155.000 en France et 189.000 en Irlande.

Ces mesures étaient nécessaires, les exportations de bovins européens ayant chuté de 94% depuis le début de l’aggravation de la crise à l’automne dernier.

Source : Reuters

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