Le film de l’ONF : les producteurs ne se reconnaissent pas

Longueuil (Québec), 7 septembre 2001 – « Nous sommes restés profondément déçus après le visionnement du film de l’ONF sur la production porcine québécoise. Nous ne nous reconnaissons aucunement dans ce film en raison de son manque d’objectivité et de son caractère tendancieux. » C’est ainsi que les producteurs de porcs ont réagi à la suite de la diffusion de « Bacon ».

« Non, les producteurs de porcs qui ont vu le film ne se reconnaissent pas du tout, car le miroir de l’ONF ne réfléchit vraiment pas notre image, notre réalité à tous, de tous les jours », de déclarer M. Clément Pouliot, président de la Fédération des producteurs de porcs du Québec et lui-même producteur de porcs en Beauce.

« Nous ne nous y reconnaissons pas, et ce, à plusieurs points de vue. Par exemple, affirmer que la campagne québécoise a été transformée en un gigantesque parc industriel fait preuve d’un manque évident de perspective. La réalité est tout autre. En se promenant à la campagne, on est loin d’y voir un paysage industriel et inhumain. Nous n’avons d’ailleurs pas reconnu dans le film nos entreprises familiales québécoises sur lesquelles oeuvrent la plupart d’entre nous et dont nous sommes très fiers. »

« Nous ne reconnaissons pas les efforts environnementaux que nous mettons de l’avant. Les pratiques agricoles d’aujourd’hui, contrairement à celles d’autrefois, sont nettement plus soucieuses de l’environnement. Non, nous ne sommes pas des pollueurs impénitents. Certes, la production porcine moderne a ses excès qu’il faut corriger mais notre lancée agroenvironnementale est enclenchée depuis quelques années et déjà, des résultats concrets sont palpables et reconnus. Encore une fois, pas un mot là-dessus dans ce film. »

« Nous ne reconnaissons pas non plus la qualité et la salubrité du produit que nous offrons aux consommateurs d’ici et d’ailleurs. La production porcine québécoise est un modèle de référence partout dans le monde en raison de son approche collective, de son dynamisme et du fait que tous les intervenants du secteur, en amont et en aval, travaillent ensemble pour faire face efficacement aux enjeux de l’heure. »

« Les défis sont grands en production porcine au Québec et nous nous sommes déjà attelés à les relever un à un, incluant l’harmonisation socioéconomique de nos activités dans les différentes régions de la province. »

« Nous sommes ouverts à la discussion. Nous voulons parler aux gens, aux groupes. Nos fermes sont accessibles, nous n’avons rien à cacher, au contraire, et c’est ensemble que nous voulons relever nos défis », de dire Clément Pouliot. « C’est en privilégiant la vérité au lieu de céder aux visions alarmistes, comme le fait le film de l’ONF, que la société sera en mesure d’alimenter des débats sains et constructifs, de faire avancer les choses tout en évitant que le fossé s’élargisse entre les perceptions et la réalité. »

« L’agriculture, ce n’est pas un rêve. Ce sont des hommes et des femmes qui travaillent dur et bien pour offrir un produit de qualité reconnu que les Québécois savourent. La plupart d’entre nous sommes nés sur la ferme et nous aimons la terre et nos animaux. Nous vivons sur nos fermes, avec nos familles. Pour nous, la qualité de vie est tout aussi importante que pour ceux qui vivent dans notre voisinage. »

« Pour connaître la réalité telle qu’elle est, nous vous encourageons à arpenter le Québec. Nous avons une agriculture qui nous ressemble et ce film, sans nuances, ne peut prétendre d’aucune manière à 1’objectivité, constituant encore moins une base de dialogue sérieuse entre les producteurs et la population », de conclure M. Clément Pouliot, au nom des producteurs et productrices de porcs du Québec.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Le Porc du Québec

http://www.leporcduquebec.qc.ca/

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