Le percheron d’Amérique à la rescousse de son ancêtre normand

Paris (France), 10 août 2003 – Le percheron d’Amérique, un cheval normand exporté vers les Etats-Unis au XIXe siècle, est aujourd’hui réimporté en France pour renouveler le sang de son ancêtre.

Cheval de trait solide et puissant, le percheron avait franchi l’Atlantique pour être attelé aux chariots des pionniers américains lors de la conquête de l’Ouest. « Le marché était conséquent puisqu’une ligne commerciale existait entre Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir), Le Havre et les Etats-Unis », explique Jean-Philippe Andrieu, membre de l’association Traits de Génie. Cette organisation se consacre à la promotion des chevaux lourds.

Aujourd’hui, le percheron d’outre-Atlantique connaît à son tour un réel succès en France. Au Haras national du Pin (Orne), un étalon américain a été acheté en 1993 « dans le but d’alléger la race et de l’adapter aux activités de loisir », explique David Jollivet, adjoint au chef de dépôt du haras.

L’engouement est identique chez des éleveurs privés parmi lesquels Isabelle Dimer, qui a acquis cinq chevaux américains pour son haras de Lagadelière (Eure-et-Loir). « Quand je me suis rendue aux Etats-Unis, j’ai eu un véritable coup de foudre pour ces étalons », raconte Isabelle Dimer. « La différence entre les deux types de percherons est flagrante. Le percheron d’Amérique est un parfait diligencier. Plus noir et plus haut, il se distingue aussi par son port d’encolure et de tête », ajoute-t-elle. Le diligencier est capable d’allures rapides alors que le trait peut tirer de lourdes charges en marchant au pas.

Les spécialistes interrogés expliquent les différences entre les deux familles de chevaux par l’évolution de la race de chaque côté de l’Atlantique.

« En France, le percheron a été principalement destiné aux travaux de la terre, au débardage ou à la traction de charges lourdes. Mais avec la motorisation des outils agricoles, son utilité s’est amoindrie et le cheval avait tendance à s’alourdir », rappelle Jean-Philippe Andrieu.

« Aux Etats-Unis, le tournant vers le cheval de loisir a été pris beaucoup plus tôt et le percheron a gardé toutes les qualités du diligencier », ajoute le spécialiste.

La destination du percheron français à la boucherie explique également « son alourdissement », selon Isabelle Dimer.

En 1999, on a comptabilisé en France 1155 naissances de percherons, selon l’association Traits de Génie.

Source : AFP

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