Le point sur les robots de traite

L’hiver dernier, les invitations pour assister à la visite d’une nouvelle étable munie d’un ou de plusieurs robots de traite ont été monnaie courante au Québec. Qu’en est-il des avantages et des inconvénients reliés à cette nouvelle technologie? Deux chercheurs américains de l’Université du Michigan se sont intéressés à cette question. Les lignes qui suivent tracent les conclusions de leur réflexion.

Le tout premier robot de traite a été installé aux Pays-Bas en 1992, il y a 20 ans. Bien que la technologie soit récente, son adoption a été rapide un peu partout dans le monde, car selon les dernières estimations de 2009, 8000 fermes auraient opté pour cette technologie. De ce nombre, 90 % sont localisées en Europe, 10 % au Canada et aux États-Unis. Selon les dernières estimations, il y aurait actuellement plus de 180 fermes (2,9 % des fermes) qui auraient un ou des robots de traite au Québec.

Les avantages
L’avantage incontestable du robot de traite est de ne plus être obligé de traire les vaches deux fois par jour, à 12 heures d’intervalle, 365 jours par année. Mais les bénéfices de cette technologie ne s’arrêtent pas là. Les nouveaux robots, avec leurs multiples senseurs, donnent la possibilité à l’éleveur de mesurer précisément différents paramètres, tels que la productivité et les composantes du lait à chaque traite, les laits anormaux, la santé de chaque quartier du pis, la rumination et l’activité des vaches, puis les changements de poids. Il est ainsi plus facile et rapide de détecter les chaleurs des vaches, les variations de productivité et de santé du troupeau, d’identifier les problèmes et d’agir plus rapidement sur les causes.

Les vaches sont également traites plus de deux fois par jour, sans les inconvénients liés au travail additionnel que cela exige dans un système conventionnel. La hausse de production occasionnée par cet avantage varierait entre 2 % et 12 % selon le nombre de traites additionnelles, comparativement à une traite deux fois par jour. Il est possible de contrôler la fréquence de traites en fin de traite pour faciliter le tarissement des vaches.

Et les inconvénients
L’éleveur pourrait développer une certaine dépendance envers les senseurs du robot et l’analyse des données effectuées par l’ordinateur pour identifier les chaleurs, le lait anormal, la mammite et les autres paramètres de santé et de productivité. De plus, des informations générées par le robot peuvent être mal interprétées ou utilisées inadéquatement par l’éleveur.

Avec le temps, de nouvelles habiletés liées à l’informatique et la gestion de données sont créées, et ce, avec le risque de perdre les compétences traditionnelles liées à la gestion de troupeau. Dans des situations de mal fonctionnement de l’appareil, la situation pourrait s’avérer critique pour le troupeau.

L’observation régulière des vaches par l’éleveur demeure un facteur important à la réussite de l’utilisation de cette technologie. Un problème important demeure l’expansion de l’entreprise qui doit se faire à coup de 60 vaches afin de rentabiliser pleinement le robot, ce qui n’est pas le cas pour une salle de traite. Le dernier désavantage consiste à habituer les vaches aux robots de traite, opération qui demandera de plusieurs semaines à quelques mois de travail intense selon le mode de logement utilisé pour loger les vaches avant la transition. Néanmoins, les nombreux avantages des robots de traite continueront de séduire de plus en plus d’éleveurs québécois.

Source : Journal of Dairy Science

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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