Le Québec prend le virage de la gestion intégrée de l’eau par bassin versant

Québec (Québec), 26 novembre 2002 – Le ministre d’Etat aux Affaires municipales et
à la Métropole, à l’Environnement et à l’Eau, M. André Boisclair, annonce que
le gouvernement soutiendra financièrement et techniquement, la mise en place
de la gestion intégrée par bassin versant sur 33 cours d’eau prioritaires
touchant l’ensemble du Québec. Cet engagement constitue l’une des pièces
majeures de la Politique nationale de l’eau lancée par le ministre

Boisclair, en présence du premier ministre du Québec, M. Bernard Landry.

« Le gouvernement du Québec vient appuyer de manière bien concrète le
travail effectué depuis quelques années par des organismes pionniers qui ont,
dans plusieurs cas, transformé profondément les façons de faire un peu partout
au Québec », a déclaré le ministre Boisclair.

La gestion intégrée de l’eau par bassin versant, qui se caractérise par
son approche territoriale plutôt que sectorielle, vise à tenir compte, dans
une vision globale, de l’ensemble des activités sur un cours d’eau et de leurs
impacts cumulatifs sur l’état de celui-ci. Cette approche a fait ses preuves
dans bon nombre de pays d’Europe et d’Amérique du Nord. A l’échelle locale et
régionale, des organismes de bassin auront la responsabilité de mettre en

oeuvre, dans une perspective de développement durable, la gestion intégrée de
l’eau. Une vingtaine de ces organismes existent d’ailleurs déjà à travers le
Québec.

Le gouvernement implantera donc progressivement la gestion intégrée par
bassin versant sur 33 cours d’eau reconnus prioritaires situés principalement
dans la plaine du Saint-Laurent, près des lieux d’activités humaines
intensives où l’on trouve les problématiques d’assainissement industriel,
agricole et municipal les plus importantes et là où des conflits d’usage
existent.

Les organismes de bassin versant agiront comme des tables de concertation
et de planification. Ils devront intégrer les priorités nationales en matière
de protection, de restauration et de mise en valeur de l’eau. Ils auront le
mandat d’élaborer un Plan directeur de l’eau et le Contrat de bassin. Le Plan
directeur de l’eau devra notamment inclure un portrait du bassin versant

comprenant un diagnostic des problématiques environnementales, la définition
et la hiérarchisation des enjeux, des orientations, des axes d’intervention et
des résultats à atteindre. Le Contrat de bassin, pour sa part, est issu du
Plan directeur et constitue l’outil de mise en oeuvre des différentes actions
privilégiées.

Feront partie de ces organismes, sans représentation majoritaire, des
citoyens et des regroupements de citoyens, des groupes environnementaux, des
élus désignés par les municipalités et les municipalités régionales de comté
(MRC) présentes dans le bassin ainsi que des usagers de l’eau provenant des
secteurs agricole, industriel, forestier, hydroélectrique, commercial et
institutionnel, selon les cas. Des représentants du gouvernement du Québec y
siègeront sans détenir un droit de vote et participeront aux activités de
concertation de l’organisme.

L’information nécessaire à la gouvernance de l’eau sera regroupée pour
qu’elle soit diffusée et accessible à l’ensemble des acteurs de l’eau. Avec
ses partenaires gouvernementaux et universitaires, le ministère développera
l’infrastructure requise pour soutenir les besoins en connaissances sur l’eau
et sur les écosystèmes aquatiques. Le ministère entend aussi approfondir et
compléter les connaissances concernant les principaux bassins versants du
Québec et en assurer la mise à jour sur une base permanente. A cet effet, il
entreprendra notamment un inventaire des grands aquifères du Québec qui
portera prioritairement sur ceux qui sont sujets à d’importantes
problématiques de contamination ou à des conflits d’usage. Ainsi, une première
étude sera réalisée sur le bassin versant de la rivière Châteauguay.

Une plus vaste participation citoyenne
Le gouvernement souhaite une plus grande participation des citoyens et
des citoyennes à la gestion des usages de l’eau. Ceux-ci seront donc appelés à
jouer un rôle grandissant dans ce nouveau mode de gouvernance de l’eau.

« Je souhaite une plus grande responsabilisation des acteurs de l’eau et
une participation accrue de la population au devenir de ses cours d’eau, dans
une perspective de développement durable. Celle-ci se doit d’être associée au
choix et à la gestion des priorités concernant l’eau. En tant que citoyens,
nous avons des gestes concrets à poser pour assurer la pérennité de l’eau », a
conclu le ministre Boisclair.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’Environnement du Québec

http://www.menv.gouv.qc.ca

Commentaires