Le ralentissement des exportations diminuera les profits du secteur de l’alimentation en 2005

Ottawa (Ontario), 2 février 2005 – Le fléchissement du marché des exportations réduira les profits de l’industrie de la production alimentaire en 2005 et 2006, qui avait enregistré un niveau record de 2,7 milliards de dollars en 2004, comme le révèle Le Conference Board dans sa note de conjoncture canadienne sur l’industrie alimentaire, Canadian Industrial Outlook : Canada’s Food Manufacturing Industry.

« La croissance des exportations devrait ralentir considérablement cetteannée suite aux hausses de plus de dix points dans la plupart des secteursindustriels en 2004 », explique Louis Thériault, directeur associé, Notes deconjoncture canadiennes industrielles.

« Après avoir profité des bas prix du bétail et de la forte demande pourle boeuf l’an dernier, les usines de transformation de la viande verront sansdoute leurs profits retourner à la normale en 2005, à condition que lafrontière américaine ouvre de nouveau. »

Si l’interdiction d’exporter le jeune bétail est levée en mars commeprévu, les prix du bétail devraient pointer plus près des niveaux habituels.Etant donné la récente découverte de deux nouveaux cas de vache folle auCanada, la prévision est cependant incertaine. Même si le boeuf canadien estjugé sécuritaire par le département de l’Agriculture des Etats-Unis, lesreprésentants des producteurs de bétail américains multiplient les pressionspour que l’interdiction soit maintenue. Si la frontière demeure fermée, lesprix du bétail du Canada resteront faibles et les usines de transformation dela viande enregistreront des profits encore plus importants.

Dans d’autres secteurs clés de l’industrie, comme les céréales etoléagineux et les fruits et légumes, une montée moins marquée des prix et leseffets d’un dollar fort sur les exportations freineront la croissance desrecettes. En 2005, les coûts augmenteront plus vite que les profits, ce quientraînera le déclin de ces derniers par rapport à 2004. La valeur du dollarcanadien est un autre facteur qui pourrait fragiliser les prévisions, car lesprix des commodités du secteur de l’alimentation sont habituellement libellésen dollars américains. Un huard plus fort que prévu aurait pour effet deréduire le prix reçu par les producteurs canadiens pour les produits vendusaux Etats-Unis et donc diminuerait les revenus.

Malgré la vigueur du dollar, l’accroissement des exportations, surtoutaux Etats-Unis, devrait entraîner des hausses de la production à moyen terme.Au pays, les gains appréciables réalisés au chapitre du revenu des ménagesmaintiendront la demande. On prévoit que les profits chuteront en 2005 et2006, avant de remonté à 2,8 milliards de dollars en 2008.

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