Le secteur du propane prêt pour l’automne

François Gingras n’a pas de boule de cristal et ne se risque pas à prévoir l’avenir, mais le directeur de l’approvisionnement chez Filgo-Sonic est optimiste pour l’automne 2020. « On est loin d’être dans la même situation que l’an dernier », résume-t-il.

Ce message est répété par le président de l’Association du propane du Québec (AQP), Raymond Gouron. « Rien ne laisse présager qu’on revivra la même chose qu’en 2019. »

Plusieurs s’en souviennent certainement, l’automne 2019 a été marqué par une grave pénurie de propane et une flambée des prix. Plusieurs événements s’étaient produits simultanément pour créer la tempête parfaite : grève dans le réseau ferroviaire, récolte tardive et simultanée sur le territoire, froid subi et intense. La pénurie de propane causée par la grève du CN est arrivée au pire moment pour un secteur tributaire du réseau ferroviaire. Les effets ont été catastrophiques pour plusieurs agriculteurs qui ont encore frais en mémoire les événements de l’an dernier.

Le portrait cette année montre une situation stabilisée à plusieurs niveaux. L’année 2020 devrait être au soulagement de plusieurs une année normale, tant au niveau de approvisionnement qu’ au niveau de la demande.

« D’abord, il n’y a pas sur la planche à dessin de grève ferroviaire à l’horizon (…) La saison en 2020 arrive plus tôt qu’en 2019. Tout le monde était arrivé en même temps l’an dernier et ce n’est absolument pas ce qu’on prévoit cette année. Nos inventaires de propane vont très bien », indique M.Gingras.

Le secteur a d’ailleurs tenté de s’ajuster dans la mesure de ses moyens pour éviter d’autres problèmes liés à une pénurie.

« Nous avons diversifié nos sources d’approvisionnement. Nous avons maintenant un terminal sur la Rive-Sud, la Rive-Nord et dans la région de Québec. Notre approvisionnement par le réseau ferroviaire est différent : nous avons diversifié nos sources avec des fournisseurs en Ontario, au Québec et dans l’Ouest canadien. On n’a pas le choix de dépendre du réseau ferroviaire, mais nos réflexes ont changé. Si la même situation se reproduisait, on ne serait plus là », explique directeur de l’approvisionnement chez Filgo-Sonic. « On part la saison très très confiant. »

« Les stocks sont bons et l’approvisionnement est fluide. Il n’y a pas d’inquiétude à avoir de la part de nos clients », ajoute le président de l’APQ. Les propaniers ont appliqué différentes mesures, selon M. Gouron. Certains ont augmenté leur capacité d’entreposage stationnaire tandis que d’autres mettent en place des systèmes de télémétrie qui permettent de faire en temps réel une lecture des réserves chez les clients. Selon lui, une gestion prudente a été le mot d’ordre dans l’industrie échaudée par l’an dernier.

S’adapter à la COVID-19

Depuis le 1er octobre, plusieurs zones du Québec se situent en zone rouge, soit le niveau d’alerte maximale décrété par le gouvernement provincial. Des mesures ont été mises en place dans ces régions afin de limiter la propagation du virus.  Les gens de Filgo-Sonic n’entrevoient pas de difficultés supplémentaires face à la situation. Le secteur est considéré comme un service essentiel, rappelle M. Gingras. La société utilise déjà un code de couleur similaire pour adapter ses stratégies de travail. Elle a aussi mis sur pied au printemps diverses mesures à ses bureaux et durant la livraison. La priorité est d’assurer la sécurité des livreurs et des répartiteurs, un élément essentiel durant cette période de pointe où tous les bras comptent. « C’est la clef dans la business », souligne M.Gingras. Les déplacements d’une région à l’autre sont évités, tout comme ceux entre différents bureaux. Le nettoyage des camions ira en s’intensifiant à mesure que les commandes iront en augmentant. Durant la haute saison, les camions roulent sept jours sur sept, 24 heures sur 24.

M. Gouron indique que l’APQ et son vis-à-vis canadien ont soumis des mesures sanitaires, tout en encourageant des pratiques qui limitent les contacts, comme les commandes et les bons en ligne.

Des prix liés à la demande

Quant aux prix, la situation ne laisse pas présager de flambée des prix, mais le propane demeure soumis à l’offre et à la demande. Il répond aux aléas du marché nord-américain, tout en étant influencé par ce qui se passe dans l’Ouest canadien et en Ontario, explique M. Gingras. « Le froid pourrait influer sur la base de prix, mais il pourrait avoir de grands froids au Québec sans que les prix soient influencés si la demande demeure constante ailleurs. »

Les commandes chez Filgo-Sonic ont été placées depuis longtemps et M. Gingras est confiant. « La situation est rendue stable maintenant. »

La gestion des prix est également une question propre à chaque entreprise, selon sa politique d’achat et d’approvisionnement dans l’année. « Les prix devraient être stables. On n’anticipe pas de demande anormalement forte et il n’y a aucun élément particulier sur l’écran-radar. », résume le président de l’AQP.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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