Le soya semé de plus en plus tôt

Plus on sème tôt, plus on obtient de rendement. C’est vrai dans le maïs et il s’avère que c’est tout aussi vrai dans le soya. Sauf que la semence de soya n’aime pas le sol froid.

Entrent en jeu les traitements de semence, de type Cruiser Maxx Beans. « Le maïs et la plupart des céréales sont disponibles avec un traitement de semence, alors pourquoi pas le soya aussi? », dit Éric Boulerice, gérant de territoire pour les Semences NK (Syngenta).

Le traitement de semence Cruiser Maxx Beans – un produit Syngenta – est un fongicide et un insecticide, capable aussi de combattre le puceron du soya dans les 60 jours après la levée. Dans nos conditions au Québec, c’est plutôt un « effet secondaire » ce de produit qui nous intéresse : il permet, selon des experts, de semer son soya un bon deux semaines plus tôt, à peu près en même temps que le maïs.

Dans des conditions adverses, il s’avère que les semences de soya traitées germent et connaissent une levée vigoureuse.

Plus il est semé tôt, plus le soya profitera des longues journées d’ensoleillement de la première moitié de l’été pour connaître une croissance végétative vigoureuse avant d’atteindre la floraison.

« Si un plant de soya arrive à la floraison avec beaucoup plus de feuilles, il sera en mesure de produire plus de fleurs et d’en conserver un plus grand nombre. Le rendement final sera meilleur », explique Annie DesRosiers, agronome pour l’est du Québec chez Pioneer.

Selon Éric Boulerice, des producteurs québécois osent déjà semer leur soya au début mai. Certains l’ont déjà fait à la fin avril!

« Le maïs restera toujours la priorité, car c’est lui qui a le plus à perdre si l’on retarde les semis. Par contre, rien n’empêche les producteurs d’y aller avec deux semoirs, l’un pour le maïs, l’autre pour le soya », suggère Éric Boulerice.

L’habitude de terminer de semer son maïs avant de semer le moindre de champ de soya serait donc appelée à disparaître, au profit d’un calendrier de semis plus audacieux. Ceux qui disposent de deux semoirs et de l’aide d’employés auront plus de facilité à changer cette habitude.

Si le premier champ à présenter de bonnes conditions pour les semis est destiné à du soya, on pourra l’ensemencer avant même d’avoir commencé à semer du maïs, avance Annie DesRosiers!

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