L’économie canadienne tourne au ralenti

Le ministre fédéral des Finances, Joe Oliver, refuse d’y voir un signe d’une possible récession, mais deux organismes n’ont pas tardé à revoir à la baisse leurs prévisions de croissance du Canada à la suite de l’annonce d’une croissance négative de 0,6% au 2e trimestre au pays.

L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a revu ses prévisions de croissance pour le Canada pour cette année en les réduisant à 1,5%. L’OCDE avait tablé plus tôt cette année sur une croissance de 2,2% mais la faiblesse des investissements dans le secteur de l’énergie l’a mené à revoir sa position. Pour 2016, la croissance devrait reprendre modérément avec une hausse de 2,3% du PIB. La faiblesse du dollar canadien devrait donner un coup de pouce à l’exportation de produits non énergétiques et à la consommation intérieure. La reprise de l’économie mondiale en 2016 devrait aussi favoriser l’économie canadienne.

Du côté de la CIBC, la branche financière de la banque a ramené ses prévisions à ce qu’elle appelle un « maigre » 1,4%. Marchés mondiaux CIBC invoque comme raison “la faiblesse des prix des produits de base et le ralentissement économique dans les marchés émergents qui n’ont pas contribué comme prévu à l’économie en stagnation”. Selon l’économiste en chef de la banque, il ne faudra pas compter sur l’économie mondiale pour relever les prix de l’énergie puisqu’elle tourne elle aussi au ralenti. La CIBC prévoit pour l’économie mondiale une hausse de 2,9% en 2015, son niveau le plus bas depuis la récession de 2008.

Le dollar canadien ne devrait pas connaitre de grandes fluctuations. Il devrait baisser à la suite du relèvement des taux d’intérêt aux États-Unis, prévu d’ici la fin de l’année, avant de remonter un peu. Et puisque la Banque du Canada table sur un dollar faible pour relancer l’économie, aucune hausse des taux n’est anticipée cette année au pays.

Malgré ces nouvelles, le ministre Joe Oliver ne prévoit pas de récession au pays, soit deux trimestres consécutif de recul du PIB. Il a invoqué les prévisions de croissance de la Banque du Canada qui situe la hausse du PIB à 1,9% en 2015. La baisse du PIB au 2e trimestre a toutefois été plus importante que prévu par la banque centrale qui prévoyait une croissance nulle.

Le recul de 0,6% au 2e trimestre est le premier depuis le 4e trimestre de 2011 et le plus important depuis le 2e trimestre de 2009.

Source: CIBC, Radio-Canada, OCDE

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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