Les Canadiens ont une confiance excessive dans l’approvisionnement du pays en eau

Toronto (Ontario), 19 mars 2008 – Le Canada est peut-être à deux doigts d’unecrise de l’eau douce et, à moins que les Canadiens n’en prennent conscience,notre économie en souffrira. Voilà la conclusion d’un éminent spécialiste del’eau après la publication des résultats d’un nouveau sondage commandité parUnilever, RBC et l’initiative canadienne de partenariat dans le cadre de laDécennie internationale d’action « L’eau, source de vie » de l’ONU. Ce sondagerévèle qu’une vaste majorité de Canadiens (80 %) est « convaincue » que leCanada dispose de suffisamment d’eau douce pour combler ses besoins à longterme. De plus, les deux tiers n’admettent pas du tout que le Canada connaisseun problème de pénurie d’eau douce.

Les résultats de la recherche contrastent nettement avec lesavertissements accrus des ONG canadiennes et un rapport d’Environnement Canadaqui soutient que le Canada fait face à plusieurs menaces concernant sesprécieuses ressources en eau douce.

« La rareté de l’eau a déjà limité la croissance économique dans certainesrégions de l’Ouest canadien; de plus, le faible niveau des lacs a imposé uneréduction de la charge des navires et provoqué une diminution des réservesd’eau pour la production d’énergie hydroélectrique propre dans la région desGrands Lacs », a déclaré Bob Sandford, président de l’initiative canadienne departenariat dans le cadre de la Décennie internationale d’action « L’eau,source de vie » de l’ONU, co-commanditaire du sondage Unilever RBC Poll onWater Perceptions. « En raison des changements climatiques, la qualité et ladisponibilité de l’eau continueront à se détériorer dans plusieurs régions duCanada. Notre économie souffrira sérieusement des effets des changementsclimatiques. »

En fait, la santé de notre économie est directement liée à ladisponibilité de l’eau douce. En effet, Environnement Canada estime que lacontribution de l’eau à l’économie nationale du Canada est de 7,5 G$ à 23 G$par année.(1)

« Tandis que les répondants au sondage ont exprimé leur opinion surl’importance de l’eau, ils se sont également dits convaincus que le Canadapourra combler ses besoins à long terme », une opinion qui, selon M. Sandford,est « en rupture totale avec la réalité ».

Il a ajouté : « Nous observons de plus en plus de pénuries d’eau, deproblèmes aux infrastructures, d’avis d’interdiction d’arrosage et d’étés plussecs. Les Canadiens ne semblent pas constater les risques qui pèsent sur notreapprovisionnement en eau douce à long terme. »

« Unilever Canada se préoccupe beaucoup des problèmes liés àl’approvisionnement en eau au Canada », a déclaré John Coyne, chef ducontentieux et secrétaire, chez Unilever Canada. « Nous cherchons globalement àréduire notre incidence sur l’eau à la fois dans le cadre de nos activités, dela chaîne d’approvisionnement et de l’utilisation commerciale de nosproduits. »

« RBC a commencé à se préoccuper de l’eau parce que le manque d’eauconstitue non seulement une menace à la santé de la population mondiale, ainsiqu’une menance du développement économique ici même, au Canada », souligneShari Austin, vice-présidente, responsabilité sociale, RBC. « A titred’institution financière, nous nous préoccupons des conséquences des pénuriesd’eau sur la prospérité et l’économie futures du Canada. »

« Nous devons modifier notre attitude à l’égard de l’eau et mettre surpied, dans nos vies quotidiennes, des techniques pour la conserver », a déclaréM. Sandford. « En ce qui concerne la préservation de l’eau, chacun a unimportant rôle à jouer, depuis les ONG jusqu’à chaque Canadienindividuellement, en passant par les gouvernements et les entreprises. »

Voici les principales conclusions du sondage :

Les Canadiens et l’approvisionnement en eau à long terme
– Selon le sondage : La majorité des Canadiens croit à l’importance de l’eau au Canada. Néanmoins, 80 % des Canadiens se disent convaincus que le pays pourra s’approvisionner en eau douce à long terme.

– Réalité : Bien que l’eau soit une ressource renouvelable, elle n’est pas infinie. En fait, le Canada possède seulement 6,5 % des ressources d’eau douce renouvelables dans le monde. Ce qui est plus inquiétant, c’est que les Canadiens sont considérés comme le deuxième plus grand gaspilleur d’eau après les Etats-Unis.(2) Cette réalité traduit une contradiction entre l’inquiétude des Canadiens par rapport à notre approvisionnement en eau à long terme et notre confiance excessive dans notre capacité de répondre à la demande malgré le rythme que nous maintenons.

– Selon le sondage : Presque tous les Canadiens (97 %) sont d’accord avec le fait que l’abondance d’eau douce est importante pour l’économie nationale du Canada.

– Réalité : Les Canadiens ont raison de penser que la disponibilité de l’eau douce et propre est absolument essentielle à la stabilité de l’économie à long terme de ce pays; cependant, au palmarès des plus grands consommateurs d’eau dans le monde, ils sont classés deuxièmes, juste après la population des Etats-Unis.(2) Parmi les répercussions économiques négatives, citons la rareté de l’eau, la limitation de la croissance et du développement dans certaines régions des provinces de l’Ouest ainsi que le besoin de réduire la charge des navires sur les Grands Lacs.

Les Canadiens et le changement climatique

– Selon le sondage : Seulement 10 % des Canadiens citent le réchauffement de la planète et le changement climatique parmi les facteurs qui menacent l’approvisionnement en eau douce du Canada tandis que 77 % des Canadiens ne peuvent nommer un seul changement négatif ayant touché leur approvisionnement en eau.

– Réalité : Le changement climatique aura d’importantes répercussions environnementales négatives sur l’eau douce de l’ensemble du Canada. A titre d’exemple, seulement 1 % de toute l’eau présente sur la Terre est disponible pour la consommation humaine. Plus de 68,7 % de l’eau douce de la planète est gelée dans les calottes polaires et les glaciers. La hausse des températures a eu une incidence directe sur le niveau des mers et, en retour, a réduit la quantité d’eau douce disponible.(3)

– Selon le sondage : Vingt-huit pour cent des Canadiens ont cité l’exportation massive d’eau vers les Etats-Unis comme l’élément le plus important d’une liste de facteurs qui menacent l’approvisionnement en eau douce du Canada.

– Réalité : Cette opinion est erronée. La plus forte menace à laquelle fait face l’approvisionnement en eau douce du Canada est notre confiance absolue en son abondance. Cette abondance est pourtant compromise par une utilisation importante, la croissance économique rapide ainsi que par le changement climatique et la sécheresse induite par le réchauffement de la planète. Le fait que seulement 10 % des Canadiens citent le changement climatique et le réchauffement de la planète et seulement 1 % cite la surutilisation par le secteur agricole démontre que les Canadiens ne savent vraiment pas ce qui menace nos réserves d’eau douce.

Les Canadiens et la consommation d’eau

– Selon le sondage : Environ 70 % des Canadiens sont d’accord avec le fait que, si on ne donne aucun prix à l’eau, la population continuera de la gaspiller. Cependant, 90 % des Canadiens croient que l’accès à l’eau est un droit universel et qu’il doit être gratuit, c’est-à-dire que l’eau ne devrait pas être achetée ni vendue comme une marchandise.

– Réalité : L’eau peut être considérée à la fois comme un droit universel et comme un bien économique. Un ménage canadien moyen paie 33,18 $ par mois pour l’eau et en consomme environ 26 500 litres. Les Canadiens déboursent environ le quart du prix que paient les Européens pour l’eau.(4) A mesure que notre population croît, nous devons envisager de mettre un prix sur l’eau une fois nos besoins de base comblés.

Résultats clés selon les régions et le sexe :

– Les Canadiens qui vivent en Saskatchewan et au Manitoba (88 %) étaient plus enclins à avoir confiance dans un approvisionnement en eau douce à long terme au Canada, suivis de près par les Britanno- colombiens (86 %), les Albertains (86 %), les Ontariens (83 %) et les habitants des provinces maritimes (82 %), tandis que les Québécois étaient les moins enclins à afficher cette confiance (68 %).

– Quatre-vingt-dix-sept pour cent (97 %) des habitants de la Saskatchewan et du Manitoba, soit un pourcentage nettement au-dessus de la moyenne nationale, ont confiance dans un approvisionnement du Canada en eau douce. En fait, les habitants de la Saskatchewan et du Manitoba (68 %) sont moins enclins que ceux du reste du Canada (76 % en moyenne) à croire que le changement climatique aura une incidence sur l’approvisionnement en eau douce du Canada.

– Les Canadiens âgés (84 %) sont plus enclins que ceux d’âge moyen (79 %) ou les plus jeunes (77 %) à croire que le Canada dispose de suffisamment d’eau douce pour répondre à long terme aux besoins de sa population.

– En général, les Canadiens sont relativement divisés quand vient le temps d’affirmer que les lois et les règlements protègent au moins modérément l’eau douce. Par contre, plus de la moitié de tous les Québécois croient que les lois et les règlements ne protègent pas adéquatement l’eau douce du Canada.

– La majorité des Canadiens vivant au Québec et au Canada Atlantique (90 %) croient que le changement climatique aura des conséquences négatives sur l’approvisionnement du Canada en eau douce propre.

– Pratiquement tous les Canadiens croient que les entreprises devraient jouer un rôle actif dans la protection de l’eau douce du Canada.

– Les hommes (86 %) sont plus enclins que les femmes (75 %) à croire que le Canada en général dispose de suffisamment d’eau douce pour répondre aux besoins de sa population à long terme.

Le sondage
Voilà quelques résultats d’un sondage Ipsos Reid mené en ligne auprèsd’un échantillon de 2 309 Canadiens adultes. Le sondage a été réalisé du25 janvier au 30 janvier 2008. Les résultats sont considérés exacts dans unemarge de +/- 2,0 %, 19 fois sur 20, par rapport à ce qu’on aurait obtenu ensondant l’ensemble de la population canadienne adulte. Les résultats ont étépondérés selon les données de recensement pour qu’ils reflètent la compositiondémographique du Canada.

A propos de l’initiative canadienne de partenariat en appui à la Décennie internationale d’action « L’eau, source de vie » de l’ONU
La Décennie internationale d’action « L’eau, source de vie » des NationsUnies est une décennie programmée pour le monde entier qui a fait suite àl’Année internationale de l’eau douce, en 2003, qui a commencé comme uneréponse aux objectifs du millénaire définis par l’ONU visant à fournir del’eau au milliard de gens sur Terre qui n’ont pas un approvisionnement fiableen eau. Alors que chacun des pays du monde se concentrera sur ses propresproblèmes en matière de qualité et de disponibilité de l’eau dans un contextemondial de la disponibilité d’eau douce, l’initiative canadienne a été définiepar un partenariat des secteurs public et privé à l’échelle du pays visant àreconnaître et à résoudre les problèmes régionaux et nationaux en matièred’eau. L’initiative canadienne de partenariat dans le cadre de l’action« L’eau, source de vie » des Nations Unies loge et effectue ses recherches auWestern Watersheds Climate Research Collaborative à l’Université deLethbridge.

La raison de l’initiative canadienne dans le cadre de l’action « L’eau,source de vie » des Nations Unies est de placer dans un contexte mondial lesproblèmes du Canada concernant l’eau. L’initiative s’efforce particulièrementde mettre en relation les différents partenaires et de leur faire connaîtreles derniers et les meilleurs exemples de gestion de l’eau et de politiquepublique liée à la gestion de l’eau, peu importe où ils apparaissent dans lemonde.

Pour obtenir de plus amples renseignements au sujet de l’initiativecanadienne de partenariat en appui à la Décennie « L’eau, source de vie » desNations Unies, veuillez consulter le site Web www.thinkwater.ca.

Unilever
Unilever, l’une des plus grandes sociétés de biens de consommation aumonde, facilite l’existence en répondant aux besoins courants en matière denutrition, d’hygiène et de soins personnels. Chaque jour, 160 millions depersonnes choisissent les marques Unilever pour nourrir leur famille, se laveret nettoyer leur maison.

Au Canada, Unilever est mieux connu sous les marques comme Becel(MD),Lipton(MD), Red Rose(MD), Slim-Fast(MD), Hellmann’s(MD), Knorr(MD),Breyers(MD), Popsicle(MD), Bertolli(MD), Sunlight(MD), AXE(MD), Vaseline(MD),Vim(MD), Q-Tips(MD), Dove(MD), Suave(MD), Sunsilk(MD) et Degree(MD).

Unilever emploie près de 2 000 personnes au Canada et a généré un chiffred’affaires d’un peu plus de 1,3 milliard de dollars canadiens en 2007.

Par son engagement indéfectible envers tout ce qui touche la pérennité del’eau, Unilever s’efforce de devenir un exemple et demeure engagée à réduiredavantage son impact sur les réserves d’eau douce. Depuis huit annéesd’affilée, Unilever est reconnue comme chef de file du secteur alimentaire àl’indice de durabilité Dow Jones pour ses politiques environnementales et,depuis quatre années consécutives, Unilever a été nommée parmi les « Global 100Most Sustainable Corporations in the World » (100 entreprises les plus« durables » au monde) par Corporate Knights et Innovest, société conseilinternationale en finances et en placements. Unilever participe également àplusieurs programmes touchant la durabilité de la ressource hydrique dansl’ensemble du Canada, dont Evergreen et EcoVoyageurs.

RBC
La Banque Royale du Canada (RY aux bourses de Toronto et de New York) etses filiales exercent leurs activités sous la marque principale RBC. La plusgrande banque du Canada par son actif et sa capitalisation boursière, RBC estégalement l’une des plus importantes sociétés de services financiersdiversifiés en Amérique du Nord. Elle compte environ 70 000 employés à tempsplein et à temps partiel qui servent plus de 15 millions de particuliers,d’entreprises, de clients du secteur public et d’institutions. Ses bureauxsont répartis au Canada, aux Etats-Unis et dans 36 autres pays.

RBC a récemment publié la Stratégie RBC en matière d’environnement, quidéfinit les priorités et les objectifs environnementaux, et a lancé le projetEau Bleue RBC, programme philanthropique de 50 M$ sur 10 ans visant à appuyerles projets touchant la conservation de l’eau, la protection des bassinshydrologiques et l’accès à l’eau potable au Canada et partout dans le monde.En 2007, RBC a été nommée meilleure entreprise citoyenne au Canada et, en2008, l’une des 100 meilleures entreprises durables dans le monde.

Références :
(1) Environnement Canada 2004. Menaces pour la disponibilité de l’eau au Canada. Institut national de recherche sur les eaux, Burlington, Ontario. Rapport no 3, Série de rapports d’évaluation scientifique de l’INRE et Série de documents d’évaluation de la science de la DGSAC, numéro 1, p. xi.
(2) Conseil national de recherches du Canada. Les problématiques mondiales – Environnement. Consulté le 13 mars 2008. http://www.nrc-cnrc.gc.ca/aboutUs/ren/nrc-foresight_16_f.html.
(3) Nations Unies, 2005. Feuillet d’information sur l’eau et l’hygiène. (En anglais seulement) Consulté le 13 mars 2008. http://www.un.org/waterforlifedecade/factsheet.html.
(4) Environnement Canada. L’eau – Ses utilisations. Consulté le 6 mars 2008. http://www.ec.gc.ca/water/fr/info/pubs/primer/f_prim03.htm

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Banque Royale du Canada
http://www.royalbank.com

Unilever
http://www.unilever.com/

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