Les céréaliers français parient sur les biocarburants

Paris (France), 7 juin 2005 – Les céréaliers français parient sur le développement des biocarburants, en plus des besoins de l’alimentation, un thème qui sera au centre de leur 81e congrès prévu mercredi et jeudi à Lille.

« Des prix mondiaux qui se maintiennent au-dessus de 130 dollars la tonne de blé sont la preuve que la demande en céréales est forte et que le monde a besoin de la production européenne », écrit l’Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB) dans le texte d’orientation de son congrès.

La production de l’Europe des 25 représente près de 1/5e de la production de blé mondiale et 14% de la production de céréales fourragères, selon les céréaliers.

Actuellement, ces pays absordent à eux seuls la plus grande part de leur production, soit 235 millions de tonnes (63% pour l’alimentation animale, 24% pour l’alimentation humaine et 13% pour l’agro-industrie), et en exportent 30 millions de tonnes.

L’AGPB prévoit un accroissement des « besoins alimentaires » en Afrique, au Moyen-Orient, en Extrême-Orient et en Amérique du Sud, mais aussi une plus forte « demande en énergies nouvelles ».

L’annonce lundi de la construction en France de six nouvelles usines de biocarburants (trois dans le secteur du biodiesel, trois dans le secteur de l’éthanol) a satisfait les céréaliers, qui se désespèrent de voir des champs en jachère, à l’heure de la baisse des subventions européennes.

« Compte tenu de l’évolution du prix des produits fossiles, l’utilisation de céréales à des fins énergétiques se conçoit maintenant beaucoup plus aisément, surtout sous forme de biocarburants », estime l’APGB.

Etant donné qu’un hectare de céréales peut produire l’équivalent de 4,8 tonnes de pétrole, « on peut entrevoir que la France dispose d’un substantiel réservoir d’énergie avec sa céréaliculture ».

Au moment où le nouveau gouvernement Villepin place la création d’emplois en tête de ses priorités, la filière céréalière suggère d’explorer plus avant la piste des biocarburants que la France a jusqu’à présent fortement négligée.

En effet, selon l’AGPB, outre « la réduction de la dépendance de la France pour son approvisionnement en pétrole », la production de 1.000 tonnes de biocarburants permettraient de créer « de 2,8 à 5,8 emplois contre 0,02 pour l’équivalent en essence ».

Enfin, produire 2% de la consommation nationale d’électricité à partir de grains ou de céréales entières pourrait encore mobiliser 730.000 hectares. Les nouvelles utilisations – autres qu’alimentaires – pourraient donc permettre d’absorder la production de 2,2 millions d’hectares de céréales en 2010, estime l’AGPB.

Source : AFP

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