Les producteurs achètent l’abattoir Colbex-Levinoff

Québec (Québec), 2 décembre 2004 – Les producteurs de bovins du Québec pourront respirer un peu mieux : un projet d’entente de toute dernière minute visant l’acquisition des actifs de Colbex-Levinoff a effectivement été conclu, après un marathon d’intenses négociations entre leurs représentants, les propriétaires de l’entreprise et la ministre de l’Agriculture du Québec.

« Nous avons opté pour l’achat de l’entreprise, convaincus que nousagissions ainsi dans le meilleur intérêt de nos producteurs, » ont déclaré,soulagés et réjouis, le président de la Fédération des producteurs de bovinsdu Québec (FPBQ), M. Michel Dessureault, le président de la Fédération desproducteurs de lait du Québec (FPLQ), M. Marcel Groleau, de même que leprésident de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin.

L’entente fait en sorte que les producteurs recevront un prix de 42 centsla livre pour leurs vaches de réforme, ainsi qu’ils le réclamaient et commel’avait décrété la FPBQ lundi dernier. Ils n’entendent pas baisser la gardecependant. Les gouvernements se devront en effet de concrétiser leurscontributions financières dans le projet d’acquisition, notamment pour comblerl’écart entre le prix du marché, qui va progresser par paliers au cours del’année 2005 pour rejoindre le niveau de 42 cents la livre. Sinon, ilsentendent redoubler leurs démarches auprès du MAPAQ et des gouvernements. Lesproducteurs gardent par ailleurs à l’esprit l’engagement de la ministre et dupremier ministre du Québec concernant l’imposition d’une loi spéciale sijamais cela s’avérait nécessaire.

« Ce n’est certes pas la fin de la crise, mais après dix-huit moisd’enfer, cela laisse poindre la lumière au bout du tunnel, » ont en outrecommenté les trois représentants agricoles, toujours conscients que seule lalevée de l’embargo américain remédierait pour de bon au problème. Ladifférence maintenant, estiment-ils, c’est que les producteurs seront beaucoupmoins à la merci de l’humeur des acheteurs et qu’ils auront davantaged’influence sur le cours des prix.

L’abattoir Colbex, situé à Saint-Cyrille-de-Wendover, achète 90 % desbovins de réforme produits au Québec. Il est la propriété des Produits deviandes Levinoff, avec pour actionnaires la famille Cola. C’est la deuxièmefois, après l’acquisition de l’abattoir Billette, à Saint-Louis-de-Gonzague(spécialisé en bouvillons), que les producteurs investissent dans ce genred’installation. En mettant la main sur les actifs de Colbex-Levinoff, ilsacquièrent des installations qui comptent parmi les meilleures au Canada(l’entreprise accaparant 45 % de l’abattage de vaches de réforme du pays) etqui les placeront en position avantageuse par rapport aux marchés, une foisque l’embargo aura été levé et que les effets de la crise seront complètementestompés.

On se rappellera que Colbex-Levinoff avait refusé, lundi dernier,d’acheter les bovins de réforme québécois au taux de 42 cents la livre, prixplancher décrété par la FPBQ. Dès le lendemain, des producteurs ont érigé unsiège pour couper tous les approvisionnements de cet abattoir. Parallèlement,les fédérations et l’UPA exigeaient des gouvernements l’adoption d’une loispéciale pour fixer un prix plancher, assorti d’une obligation d’achat envolumes locaux. C’est alors que s’est engagé un sprint d’intenses négociationsqui a débouché sur l’acquisition de l’entreprise et la levée du siège.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ)
http://www.bovin.qc.ca/

Fédération des producteurs de lait du Québec
http://www.lait.org

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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