Les producteurs prennent des mesures d’adaptation environnementale

Ottawa (Ontario), 2 novembre 2001 – Aux quatre coins du pays, un grand nombre d’agriculteurs modifient leurs méthodes de production et adoptent de nouvelles technologies respectueuses de l’environnement. Cette tendance prendra de l’ampleur au fur et à mesure que les gouvernements élargiront la réglementation environnementale régissant les activités agricoles.

La ferme laitière familiale qui appartient à Aubrey Macdougall et Laura Johnston est un bon exemple des changements qui se produisent actuellement. Elle est située près d’Ormstown (Québec), à environ une heure au sud de Montréal. A bien des égards, il s’agit d’une exploitation laitière québécoise typique. M. Macdougall et Mme Johnston élèvent leurs cinq enfants sur une ferme qui compte 125 vaches laitières. En tout temps, de 45 à 50 vaches Jersey et Holstein sont en lactation.

A l’instar de nombreux autres éleveurs de bétail du Québec, le couple est en train d’améliorer ses structures d’entreposage et ses procédés de traitement des fumiers afin de les rendre conformes aux nouvelles normes provinciales. Pour aider les agriculteurs à s’y conformer, le gouvernement québécois a lancé le programme Prime-Vert.

« Une aide financière est offerte pour l’amélioration des structures, afin d’éviter la contamination des eaux souterraines », explique M. Macdougall.

L’industrie agricole, et plus particulièrement le secteur laitier, sont très importants pour l’économie de la région d’Ormstown. Toutefois, la qualité de l’eau est aussi une question importante pour la région qui est très peuplée. On suit de près la réglementation et la surveillance de l’environnement.

Avant l’année dernière, la famille Macdougall-Johnston empilait le fumier sur des terres arides, en attendant de l’épandre un peu plus tard. Depuis, le couple a installé une grande fosse à fumier. La fosse contient le fumier jusqu’à son épandage, sous forme liquide. La fosse est enduite d’argile et munie d’un système de contrôle pour éviter l’infiltration potentielle du fumier dans le sol.

Le programme Prime-Vert a couvert la plupart des frais engagés pour la fosse. La subvention provinciale ne sera toutefois versée qu’une fois les travaux terminés et approuvés. Par ailleurs, le programme Prime-Vert ne couvre pas de nombreux autres coûts liés à la transition au nouveau système.

Le couple a donc décidé de tirer parti de l’Enviro-prêt de Financement agricole Canada (FAC) pour financer les coûts que l’aide financière provinciale ne couvre pas et pour tenir le coup jusqu’à ce que l’aide financière leur soit versée.

« Il va sans dire qu’il faut avoir la capacité de rembourser l’emprunt », déclare M. Macdougall. « Mais FAC nous donne un fameux coup de pouce en n’exigeant pas de paiement de capital la première année. » C’est là l’un des principaux avantages de l’Enviro-prêt. Contrairement à d’autres investissements agricoles, les investissements requis pour satisfaire aux exigences environnementales ne sont pas rentables sur-le-champ mais plutôt à long terme.

« A la société, notre objectif est de concevoir des produits financiers qui répondent aux besoins des producteurs, et les prévoient même. Les regroupements de producteurs agricoles nous ont dit que le besoin de financement des améliorations environnementales se faisait de plus en plus pressant. Nous avons répondu avec l’Enviro-prêt », dit Wes Gordon, directeur principal du développement de produits à FAC. L’Enviro-prêt a été lancé au Québec d’abord, à titre de complément au programme Prime-Vert, puis à l’échelle nationale en février 2001.

En plus des initiatives de gestion des déchets produits par les élevages de bétail, l’Enviro-prêt peut servir à financer une vaste gamme de projets de conservation des terres et des eaux, notamment des brise-vent pour stopper l’érosion des sols, des zones tampons pour empêcher les sols de contaminer les sources d’eau, des techniques de contrôle des odeurs et des structures et des installations de compostage.

« Je pense que les questions d’environnement préoccupent de plus en plus les agriculteurs », souligne M. Gordon. « A l’heure actuelle, la majorité des prêteurs agricoles, dont FAC, exigent qu’une évaluation environnementale soit faite avant de consentir un prêt hypothécaire. Cette exigence pourrait être élargie à l’avenir. Par exemple, il est fort probable qu’une évaluation environnementale deviendra une exigence préalable au transfert d’une ferme. »

Les provinces continuent de revoir et d’améliorer leurs programmes et leurs lois en matière d’environnement afin d’inciter les
producteurs à appliquer des pratiques respectueuses de l’environnement. Le gouvernement fédéral travaille en étroite collaboration avec les provinces afin d’assurer l’harmonisation des réglementations fédérales et provinciales en matière d’environnement.

Un plus grand nombre de producteurs devront inclure la planification environnementale dans leur plan d’affaires à long terme. La santé financière de leur opération, ainsi que la sécurité de leur ferme et de leur communauté pourrait en dépendre.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Financement agricole Canada (FAC)

http://www.fcc-sca.ca/

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