Les États-Unis suspendent leurs importations de produits de viandes français

Paris (France), 25 février 2004 – Les États-Unis ont décidé de suspendre les importations de produits de viandes français (charcuteries, foies gras…) à l’issue d’une mission d’inspection des services vétérinaires américains en France.

La Commission européenne a « regretté » que les États-Unis aient suspendu les importations de produits de viandes français (charcuterie, foie gras…), tout en écartant l’idée que la décision américaine puisse revêtir un caractère politique.

Lors de cette mission, conduite en France par la ministère américain de l’Agriculture du 15 janvier au 5 février, « ont été inspectées les 11 entreprises jusqu’alors agréées à l’exportation vers les Etats-Unis ainsi que les directions départementales des services vétérinaires chargées de les superviser », a expliqué le ministère français de l’Agriculture dans un communiqué.

Pour justifier sa décision, « le ministère américain met en avant des non conformités à leur système de sécurité sanitaire », selon le communiqué.

Des « problèmes récurrents » ont conduit les Etats-Unis à décider la suspension à compter de mardi des importations de produits de viande et de volaille français, a indiqué mardi soir un porte-parole des services d’inspection vétérinaire américains, Steven Cohen, en précisant que l’examen des 11 usines avait débouché sur la radiation de trois d’entre elles pour des raisons sanitaires.

Ces usines produisent des produits transformés à base de boeuf, de poulet, de porc et de canard notamment, a précisé le porte-parole, sans donner le nom des usines concernées.

Contacté mardi soir, le ministère de l’Agriculture n’était pas en mesure de donner plus de précisions. Il a cependant souligné dans son communiqué que « la France ne partage ni les constats qui ont été effectués par les autorités américaines, ni les conclusions qu’elles ont cru devoir en tirer ».

« La sécurité sanitaire des aliments n’a jamais été mise en défaut par les directions départementales des services vétérinaires territorialement compétentes qui assistaient à ces inspections », a-t-il relevé.

Par ailleurs, la décision des Etats-Unis « n’a pas de conséquences sur l’agrément dont disposent les établissements concernés pour commercialiser leurs produits sur le territoire de l’Union européenne ou vers d’autres pays tiers ».

Dès la fin de la mission américaine en France, et en concertation avec le Commissaire européen David Byrne, a-t-on ajouté, le ministre français de l’Agriculture Hervé Gaymard a « multiplié les contacts avec les autorités américaines pour rechercher un constat partagé de la situation et des solutions propres à satisfaire les attentes de chacune des parties ».

C’est « dans ce contexte » qu’une mission de haut niveau s’est rendue lundi à Washington « afin de présenter à l’administration américaine l’état des actions entreprises depuis plusieurs mois par la France pour répondre aux exigences spécifiques du dispositif national américain », a ajouté le ministère de l’Agriculture.

Cette mission, conduite par le cabinet de M. Gaymard, associait le chef des services vétérinaires français.

Le ministère a enfin noté que M. Gaymard « se fixe pour objectif de parvenir à une reprise la plus rapide et la plus large possible des exportations de produits de viande français vers les Etats-Unis ». Et ce « par tous les moyens appropriés, notamment par la poursuite des contacts établis avec les autorités américaines et la Commission européenne ».

Le foie gras français avait déjà souffert du contentieux franco-américain autour de l’Irak. Il pâtissait aussi des mesures prises contre le boeuf aux hormones par l’Union européenne, les douanes américaines lui ayant imposé en représailles des droits de douane de 100% le 1er juillet 1999.

Selon le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), les Etats-Unis n’achetaient plus fin 2003 que 20 tonnes par an de foie gras, contre une cinquantaine il y a quelques années.

La France assure 83% de la production mondiale de foie gras, 98% de sa transformation et 90% de sa consommation. Cette production a rapporté en 2002 36,5 millions d’euros à la balance commerciale française.

Source : AFP

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