Les vins canadiens ne laissent pas l’Europe de glace

Toronto (Ontario), 20 mai 2001 – Le Canada, plus grand producteur mondial de vin de glace, a cueilli les fruits de 20 ans d’efforts pour percer le marché européen, qui refusait jusqu’à récemment la commercialisation de ses produits de luxe.

L’Union européenne a accordé le mois dernier une dérogation au Canada afin de permettre l’importation de vin de glace, récolté en hiver lorsque les grappes de raisin sont encore gelées sur le pied de vigne.

Bien que ce vin doux — qui accompagne habituellement les desserts — ait été créé en Allemagne au 18e siècle, le Canada en est le premier producteur mondial, avec une récolte de 350 000 litres en 1999.

L’an dernier, les exportations de vin canadien à destination de l’UE totalisaient 438 000 $, une balance commerciale largement déficitaire face aux 545 millions$ en importations de vin européen.

L’industrie canadienne, qui tente depuis 1984 de percer le marché européen, a estimé que la levée de l’interdit européen génèrera des revenus de 20 millions$ au cours des cinq prochaines années.

« Le vin de glace est le produit vedette de l’industrie canadienne du vin », a indiqué Gary Koestler, porte-parole du ministère canadien de l’Agriculture, en ajoutant que ce premier pas pourrait faciliter la vente de vin et de whisky en Europe.

L’Union européenne a également accepté de supprimer sa limite de 1000 hectolitres pour ses importations de vin, ce qui a fait pousser un soupir de soulagement collectif au sein de l’industrie canadienne, frustrée par des règlements qu’elle jugeait discriminatoires.

« C’était très frustrant pour nous parce que nos vins remportaient des prix prestigieux en Europe et pourtant nous ne pouvions pas vendre ces vins dans ce marché-là », a dit une responsable de l’Institut ontarien du vin.

L’Union européenne soutenait que le Canada ne répondait pas aux normes de production, notamment concernant les quotas d’alcool ou d’acidité, mais le Canada a conclu l’an dernier une entente avec ses deux autres rivaux, l’Allemagne et l’Autriche, établissant des normes communes de production de vin de glace.

L’Ontario, une province qui produit plus de 90% du vin de glace canadien, a également établi une norme nationale de qualité qui a offert à l’UE le dernier incitatif pour lever son interdiction, ont précisé des responsables gouvernementaux.

Daniel Ziraldo, président des vins Inniskillin, dont le vin de glace avait remporté le Grand prix d’honneur en 1989 au salon Vinexpo de Bordeaux, s’est réjoui de pouvoir vendre ses produits lorsqu’il y retournera en juin.

« Je pense que la publicité est tellement grande maintenant qu’il était très difficile pour les pays européens de dire non à notre vin de glace, qui jouit maintenant d’une réputation internationale », a-t-il dit.

« Les gens connaissent mieux la glace canadienne que le vin canadien. Je suis très content que nous ayions la possibilité de vendre notre vin parce que nous avons beaucoup de demande, surtout au Japon, aux États-Unis et en Italie. »

David Andrews, fondateur d’une compagnie internet de distribution de vin de glace de la région du Niagara, où est produit la majorité du vin ontarien comme l’Inniskillin, a indiqué que l’ouverture du marché européen lui permettrait de doubler ses exportations.

Jusqu’à maintenant, ses marchés de prédilection étaient les États-Unis et le Japon, avec près de 800 bouteilles vendues à un prix oscillant entre 50 et 120$ US, a-t-il indiqué.

Source : Reuters

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Agriculture Canada

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