L’exode des fermiers atteint sa proportion la plus marquée depuis 35 ans

Ottawa (Ontario), 22 février 2002 – À la fin de 2001, 313 000 personnes (nombre estimatif) occupaient un emploi principal en agriculture, en baisse de 26 % par rapport au niveau de 1998. Il s’agit du repli le plus important depuis environ 35 ans, selon les données de l’Enquête sur la population active.

L’emploi agricole a fléchi dans tout le pays, mais certaines provinces ont été plus durement touchées, soit l’Alberta, la Saskatchewan et l’Ontario, où l’emploi agricole comme activité principale a reculé de 30 % ou plus de 1998 à 2001.

La baisse de l’emploi agricole a été plus marquée chez les agriculteurs indépendants sans employés. Ces agriculteurs sont plus susceptibles de posséder de petites fermes qui sont maintenant exploitées en tant qu’activité secondaire, causant une partie du déclin de l’emploi principal.

L’affaiblissement marqué de l’emploi agricole comme activité principale au cours des dernières années ne s’est pas traduit par un abandon en masse des terres agricoles. En fait, le nombre d’hectares exploités pour les grandes cultures n’a jamais été aussi élevé qu’en 2001. La production de viande de volaille, d’oeufs et de lait a également progressé au cours des dernières années. Toutefois, la production bovine et la production porcine ont affiché un léger repli de 1999 à 2001.

De nombreuses raisons, parfois étroitement liées, peuvent expliquer la diminution marquée de l’emploi agricole en tant qu’activité principale au Canada sans qu’il y ait eu un abandon considérable des terres agricoles ou de fortes baisses de certains des principaux produits agricoles. Les fermes moins nombreuses mais plus importantes et la hausse de la productivité agricole expliquent en partie ce phénomène. De plus, les meilleures perspectives d’emploi hors ferme sont susceptibles d’entraîner une croissance de l’exploitation de fermes en tant qu’activité secondaire (dans l’Enquête sur la population active, la mesure de l’emploi agricole se rapporte à l’emploi principal). Enfin, plusieurs conjoints et enfants d’exploitants agricoles sont attirés par le travail hors ferme.

Il existe une relation historique entre le nombre de fermes et l’emploi agricole comme activité principale. Le nombre de fermes a fléchi de façon marquée de 1951 à 1976, puis a continué à diminuer à un rythme plus lent durant le reste du siècle, suivant ainsi une courbe similaire à celle de l’emploi agricole.

Les tendances passées montrent une corrélation non seulement entre le nombre de fermes et l’emploi agricole à titre d’activité principale, mais également entre l’emploi agricole comme activité principale et la productivité agricole. Au milieu des années 1990, avant le fléchissement de l’emploi agricole, une forte augmentation de nouveaux investissements au chapitre des fermes et de la machinerie s’est produite, ce qui a donné lieu à une certaine substitution de la main-d’oeuvre par le capital. En raison des investissements agricoles, la valeur totale de la machinerie et du matériel agricoles a commencé à croître de façon marquée en 1994. En 2000, leur valeur avait augmenté de 53 %, la plus forte hausse depuis les années 1970.

Les perspectives d’emploi hors ferme pour les agriculteurs ont semblé s’améliorer de façon marquée au cours des dernières années. De 1998 à 2000, l’emploi principal a progressé dans le transport (+11 %), la fabrication (+12 %), le commerce (+11 %), les soins de santé et l’assistance sociale (+9 %) et l’enseignement (+4 %). Il s’agit des principales branches d’activité dans lesquelles les exploitants agricoles et leur conjoint peuvent faire valoir leurs compétences.

Les conjoints et les enfants des agriculteurs se sont également dirigés vers le travail hors ferme. Par conséquent, le nombre de personnes dont l’emploi principal est lié à l’agriculture par ménage agricole a reculé. En 1998, pour chaque 100 ménages agricoles, on comptait 143 personnes dont l’emploi principal consistait à travailler dans une ferme. En 2001, ce nombre s’établissait à 131.

La majeure partie de cette baisse est attribuable au fait que moins de conjoints combinent leurs efforts pour exploiter la ferme. En 1998, près de 36 % des agriculteurs avaient un conjoint travaillant aussi dans le secteur agricole. Cette proportion a diminué pour se fixer à seulement 27 % en 2001. Parallèlement, le pourcentage d’agriculteurs dont le conjoint occupait un emploi principal hors ferme est passé de 22 % à 24 %.

L’influence positive d’une forte économie attirant des personnes vers le travail hors ferme ne peut à elle seule expliquer le déclin de l’emploi agricole. En fait, l’économie et le marché du travail ont ralenti de façon marquée en 2001, alors que l’emploi agricole a poursuivi son recul, bien qu’à un rythme plus lent comparativement à 2000.

Les bénéfices agricoles n’ont pas crû depuis 1996. Les frais d’exploitation agricoles ont atteint des sommets sans précédent en 2000, contrebalançant les modestes hausses des recettes monétaires. Par conséquent, le revenu agricole net s’est chiffré à 2,6 milliards de dollars en 2000 (après correction en fonction de l’inflation), soit à peu près le niveau des trois années antérieures et un chiffre nettement en deçà du sommet de 11,1 milliards de dollars atteint en 1975.

Enfin, les agriculteurs forment un groupe de travailleurs relativement âgés, et certains quitteront leur profession pour prendre leur retraite. L’âge médian de la retraite en agriculture est 66 ans. Même s’il s’agit d’un âge beaucoup plus avancé que l’âge médian global de la retraite (62 ans), une proportion nettement plus élevée d’agriculteurs approchent ou ont dépassé l’âge normal de la retraite. En 2001, 15 % des exploitants agricoles étaient à 5 ans de l’âge médian de la retraite ou étaient plus âgés (61 ans ou plus). Dans l’ensemble de la population canadienne qui travaillait, 8 % étaient à 5 ans de l’âge médian global de la retraite ou étaient plus âgés (57 ans ou plus).

L’article intitulé «Exode des agriculteurs» est offert dans le numéro en ligne de février 2002 de L’emploi et le revenu en perspective (75-001-XIF, 5 $ / 48 $).

Pour plus de renseignements ou pour en savoir davantage sur les concepts, les méthodes et la qualité des données, communiquez avec Geoff Bowlby au (613) 951-3325, Division de la statistique du travail.

Emploi principal en agriculture



































































































































  Décembre 1998 Décembre 1999 Décembre 2000 Décembre 2001 1998 à 2001 1998 à 2001
  données désaisonnalisées
             
  en milliers var. en milliers var. en %
Canada 424,7 400,2 348,2 312,7 -112,0 -26,4
Terre-Neuve-et-Labrador 1,0 1,1 1,6 0,5 -0,5 -50,0
Île-du-Prince-Édouard 4,3 4,4 4,2 4,5 0,2 4,7
Nouvelle-Écosse 6,5 7,7 7,6 7,2 0,7 10,8
Nouveau-Brunswick 5,5 6,5 6,7 4,5 -1,0 -18,2
Québec 64,5 64,2 59,2 61,3 -3,2 -5,0
Ontario 112,2 110,3 91,3 76,9 -35,3 -31,5
Manitoba 38,6 35,8 29,4 30,4 -8,2 -21,2
Saskatchewan 72,6 69,0 55,3 46,3 -26,3 -36,2
Alberta 91,4 75,0 65,0 57,0 -34,4 -37,6
Colombie-Britannique 26,9 26,4 28,4 25,1 -1,8 -6,7

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada

http://www.statcan.ca/

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