L’imidacroplide n’affecte pas la santé des abeilles, selon l’ARLA

L’imidacroplide, un insecticide de la famille des néonicotinoïdes, n’affecte pas la santé des abeilles, révèle l’Agence de règlementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) dans une étude préliminaire publiée le 18 janvier.

L’ARLA a entrepris de réévaluer en 2012 les études scientifiques démontrant les effets nocifs de l’imidacroplide à court et à long terme sur la santé des abeilles. La molécule est utilisée pour combattre un large spectre d’insectes nuisibles dans différentes cultures, des fruits aux céréales en passant par le traitement des semences jusqu’à l’entretien des gazons.

L’imidacroplide, un insecticide systémique, est absorbé par les racines, par application foliaire ou encore par l’entremise de semences traitées pour être transporté dans toute la plante jusque dans le pollen ou le nectar. Ses résidus, en plus d’être d’une grande toxicité pour les abeilles ou autres insectes pollinisateurs, peuvent persister dans le sol et se lessiver dans les eaux de surface et souterraines.

Selon l’ARLA, les études scientifiques concluant aux effets nocifs voire la mortalité des abeilles, ont été réalisées dans des conditions de laboratoire ou de terrain où les insectes ont été surexposés à l’imidacroplide. L’agence a entrepris sa propre évaluation scientifique en collaboration avec l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) et le California Department of Pesticides Regulation. L’ARLA prévoit obtenir des données additionnelles pour terminer l’évaluation des risques pour les abeilles et autres insectes pollinisateurs. Mais voici les principales conclusions de l’étude préliminaire :

1— Le risque potentiel lié à l’application foliaire varie selon le moment de l’application. Les restrictions actuelles sur les étiquettes contribuent à minimiser les risques. Le risque est faible par exemple pendant la floraison ou l’on suggère de ne pas utiliser cette molécule sur les cultures qui attirent les abeilles. Et il est presque nul dans l’application post floraison, dans les vergers par exemple.

2— Appliqué au sol, l’imidacroplide représente un risque potentiel pour les abeilles dans certains types de sol et de cultures dont les tomates et les fraises. Mais aucun risque n’a été constaté pour les de cultures de rotation ou les plantes fourragères qui attirent les abeilles et qui poussent hors champ.

3— Traitement de semences. L’ARLA indique qu’aucun risque n’a été relevé lorsque la molécule est employée dans le traitement des semences. « Les concentrations de résidus dans le nectar ou le pollen des cultures dues au traitement des semences sont habituellement inférieures aux concentrations qui devraient présenter un risque pour les abeilles individuelles et au niveau de la colonie. »

La version complète de l’évaluation préliminaire est maintenant disponible en ligne. Selon l’agence, les étiquettes des produits homologués fournissent un mode d’emploi adéquat pour réduire les risques de dommages à l’environnement, y compris les insectes pollinisateurs. « Si des mesures d’atténuation additionnelles sont requises pour protéger les insectes pollinisateurs, elles seront élaborées d’après les résultats de l’évaluation des insectes pollinisateurs ». L’ARLA se donne 60 jours pour recueillir les commentaires écrits du public sur son étude.

 

Source : Santé Canada

 

 

à propos de l'auteur

Journaliste, photographe et agroéconomiste

Nicolas Mesly

Nicolas Mesly est agroéconomiste, journaliste et photographe spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin des agriculteurs.

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